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Paris Police 1900 : les dessous sombres d’une pas si Belle Époque

Oubliez les images d’Épinal de la Belle Époque : la Création Originale Paris Police 1900, disponible sur CANAL+, nous entraîne dans ses bas-fonds.

Les cabarets de French-cancan, les grands magasins luxueux, les salons littéraires où l’on boit le thé en discourant avec le gotha… Aujourd’hui, on a tendance à idéaliser le Paris de la Belle Époque, cette période décisive et si marquante qui s’étend, en France, de la fin du XIXe au début de la Première Guerre mondiale.

Dans Paris Police 1900, oubliez tout cela : la série, qui commence avec la mort de Félix Faure (1899), montre les dessous de cette époque qui n’a, en réalité, pas été si belle, malgré une forte croissance.

Soit une sorte de pendant français à l’Angleterre victorienne de Jack l’Éventreur, en forme de décor gothique et violent. Avec ses bas-fonds, ses prostituées, ses malfrats qui rôdent, ses cadavres de femmes retrouvés dans la Seine, ses complots, sa corruption, ses élites qui s’abîment dans l’héroïne.

Au lendemain de la sanglante Commune de Paris (1871), la société française, tiraillée entre l’appel de la modernité, avec de nombreux progrès, et la tentation d’un retour en arrière, est gangrénée par de nombreux démons. Et pas aussi insouciante que l’on pourrait le croire.

Si la bourgeoisie citadine mène grand train, donnant de fastueuses réceptions dans ses hôtels particuliers, servie par d’innombrables domestiques, les pauvres, eux, tirent la langue. Les inégalités sociales sont criantes. Tandis que les bourgeois se gobergent (comme on le voit bien dans la série) et découvrent les joies du progrès technique (notamment le téléphone), les classes inférieures triment, habitent des chambres de bonne et roulent en bicyclette. Le jeune inspecteur Antoine Jouin (Jérémie Laheurte, ci-dessus) en sait quelque chose…

Les femmes, elles, cherchent à s’émanciper. Mais cela n’a rien d’évident, dans une époque encore très patriarcale, où elles sont envoyées à la prison de Saint-Lazare pour un oui ou pour un non.

L’heure est au changement, à la nouveauté (avec l’Exposition universelle de 1900), au florissement des arts. Mais politiquement, la République vacille. Notamment à cause de l’affaire Dreyfus, qui divise la France en deux entre 1894 et 1906.

Paris Police 1900 montre un Paris fracturé, déchiré entre divers courants, nationalistes, anarchistes ou antisémites (le journal anti-dreyfusard L’Antijuif, que l’on voit dans la série, a pu se vendre jusqu’à 120 000 exemplaires par semaine).

Où l’on n’est pas en sécurité. Et où la menace vient de partout : derrière ses bonnes manières, l’époque est résolument violente. « Tous les hommes faisaient trois ans de service militaire et savaient tuer quelqu’un. Les policiers portaient des sabres », rappelle Julien Despaux, un des réalisateurs de la série.

Loin de toute nostalgie, Paris Police 1900 nous entraîne dans les bas-fonds du siècle naissant. La Belle Époque comme vous ne l’avez jamais vue…

Paris Police 1900, une Création Originale créée par Fabien Nury, disponible en intégralité sur CANAL+.