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Pédé Paumé, la série queer espagnole qui affronte l’homophobie

Posté par Alexis Lebrun le 21 décembre 2021
Passée un peu trop inaperçue en France mais récupérée par HBO aux Etats-Unis, cette mini-série en six épisodes raconte avec délicatesse la jeunesse difficile d’une personnalité gay bien connue de l’autre côté des Pyrénées.
En quête d’identité

En Espagne, Roberto est qualifié de « maricón » (pédé) par quasiment tous ses camarades de classe. Nous sommes dans les années 1980, et si le franquisme n’est officiellement plus au pouvoir depuis quelques années, le pays conserve une tradition catholique conservatrice, et l’homophobie est monnaie courante. C’est dans ce contexte que grandit Roberto, un « pédé paumé » (maricón perdido en VO) en pleine quête d’identité, et qui ne peut compter que sur une seule amie (Bea) et son crush (Carlos) pour le soutenir dans son quotidien insupportable où il subit brimades et violences à l’école.

Pour ne rien arranger, Roberto habite dans un village pas tout proche de Madrid (et de sa communauté gay), et vit entouré d’une famille dont les membres ne sont pas d’une grande aide non plus, bien au contraire. Sa mère est complètement à l’ouest et il ne partage rien avec sa sœur, mais ce n’est rien à côté de son père, qui est un homme menaçant et violent. Heureusement pour lui, il a en commun avec un grand-père bienveillant sa passion de la lecture.

Triple temporalité

Mais Pédé Paumé n’est pas qu’une fiction adolescente, puisque la série alterne en permanence entre différentes périodes de la vie du personnage. On le suit ainsi quelques années plus tard pendant ses années d’études à Madrid où il découvre la possibilité de vivre plus ou moins librement son homosexualité, même si tout n’est pas rose. Car Roberto reste alors un garçon complexé par son tour de taille, qui entraîne aussi des remarques désobligeantes dans la communauté gay.

On retrouve également le personnage à l’âge adulte, dans le présent où il a réalisé son rêve de devenir écrivain. Bien que fictive, cette trajectoire est librement inspirée par la vie de Bob Pop (Roberto Enríquez), une personnalité médiatique célèbre en Espagne, habitué des plateaux télé et connue pour son engagement auprès de la communauté LGBTQ+.

Un caméo très prestigieux

Et pour sa première série, l’homme – qui joue son propre rôle à l’âge adulte – a pu compter sur un casting hispanophone solide où l’on retrouve quelques têtes familières. Celle qui l’est le plus est sans aucun doute Alba Flores, mondialement connue pour son rôle de Nairobi dans La casa de papel (Netflix), et qui incarne cette fois la meilleure amie de Roberto à la fac. Et si le visage de l’horrible père du héros n’est jamais visible, sachez tout de même qu’il est joué par Carlos Bardem (oui, le frère de Javier).

Dans le rôle de la mère, on reconnaît en revanche immédiatement la formidable Candela Peña, révélée aux yeux du monde il y a un peu plus de vingt ans dans le grand Tout sur ma mère (1999) de Pedro Almodóvar. Et puisque l’on parle du cinéaste espagnol qui vient de faire son retour au cinéma avec le très beau Madres paralelas (2021), on a eu le plaisir de constater qu’il faisait une brève apparition pour jouer son propre rôle dans la série, sur laquelle il est aussi intervenu pour conseiller Bob Pop sur le scénario. C’est ce qui s’appelle être adoubé par le maître.

Coup de coeur Hello, les épisodes 1 à 6 de Pédé Paumé sont à retrouver sur Warner TV, disponible avec CANAL+.