Pourquoi Brooklyn Nine-Nine est l’une des meilleures séries comiques des années 2010

Posté par Alexis Lebrun le 6 Février 2020
La sitcom de Dan Goor et Michael Schur, dont la saison 7 débarque le 7 février sur CANAL+, est universellement considérée comme un bijou de comédie de la décennie passée. Mais pourquoi un tel engouement ?

À l’heure du bilan des meilleures séries des années 2010, Brooklyn Nine-Nine a eu l’honneur d’être très bien placée dans de nombreux classements. Au cœur d’une décennie dorée où la concurrence était féroce, le cop show a toujours maintenu un niveau de qualité constant, alors même que de nombreuses sitcoms peuvent avoir tendance à s’épuiser quand elles atteignent les 130 épisodes.

Avant le début tant attendu de la saison 7 sur CANAL+ le vendredi 7 janvier, il est donc temps d’expliquer pourquoi Brooklyn Nine-Nine s’impose logiquement comme une série comique majeure et la digne héritière de The Office et Parks and Recreation, elles aussi l’œuvre de Michael Schur.

Diversité et lutte contre les stéréotypes

Dès ses débuts, Brooklyn Nine-Nine a involontairement attiré l’attention avec son casting, qui se démarque par son inclusivité. Contrairement à l’immense majorité des séries produites, il n’est pas majoritairement composé d’hommes blancs hétérosexuels, mais se montre beaucoup plus représentatif de la société.

Deux des actrices principales sont d’origine latino, l’une d’entre elles est bisexuelle, et comme le capitaine Raymond Holt qui est noir et gay, ces éléments ne sont pas traités de façon stéréotypée. Brooklyn Nine-Nine a le grand mérite de ne pas réduire ces personnages à leur orientation sexuelle ou à leur couleur de peau, et de les voir sérieusement, sans blagues lourdes ni clichées (on y reviendra).

Des personnages attachants

C’est un incontournable pour toute bonne série qui veut durer, et Brooklyn Nine-Nine l’a bien compris. En prenant le temps de creuser l’histoire et la personnalité de chacun de neuf personnages principaux très différents, les scénaristes ont réussi à créer une galerie de portraits auxquels on s’attache très vite. Si Andy Samberg et Andre Braugher ont naturellement tendance à se démarquer par les rôles qu’ils occupent dans la série, les seconds rôles ne sont pas négligés.

Sinon, comment expliquer l’incroyable popularité dont jouissent Gina, Rosa ou Melissa ? En réalité, il faudrait citer tout le monde, tant aucun personnage n’est vraiment en retrait. Et pour ne rien gâcher, les relations entre les personnages sont très fines et dynamiques, ce qui explique le plaisir que l’on éprouve toujours à se replonger dans la bande du Nine-Nine.

Des sujets sérieux abordés intelligemment

Un autre domaine dans lequel la série excelle. Brooklyn Nine-Nine a beau avoir été diffusée sur de grosses chaînes comme Fox ou NBC, elle est reconnue pour la subtilité et l’intelligence avec lesquelles elle n’hésite pas à se frotter à des problématiques de société délicates. L’exemple le plus récent nous vient de la saison 6, où #MeToo a grandement inspiré un épisode qui traite une grave histoire d’agression sexuelle au travail. Réalisé par l’actrice Stephanie Beatriz (Rosa), il aborde en 21 minutes un nombre important de questions sur le sujet de la place des femmes dans la société, sans jamais perdre en humour. Un vrai tour de force.

Un humour drôle et respectueux

Voilà une question récurrente à laquelle tous les auteurs de fiction sont confrontés aujourd’hui frontalement : est-il acceptable de rire aux dépens de communautés discriminées et marginalisées ? Brooklyn Nine-Nine a prouvé qu’il était parfaitement possible de faire de la comédie intelligente et très drôle, sans cibler de façon directe des catégories qui le sont déjà quotidiennement. Eh oui, contrairement à ce que certains pensent, on peut faire de l’humour sans offenser. Cela demande un peu plus de travail, mais Brooklyn Nine-Nine le fait très bien depuis 130 épisodes.

Brooklyn Nine-Nine saison 7, disponible le 7 février sur CANAL+.