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Pourquoi il faut (re)voir The Office, le sommet d’humour de Ricky Gervais

Posté par Alexis Lebrun le 22 Juin 2020
Près de vingt ans après sa création, la série de Ricky Gervais et Stephen Merchant reste un monument culte et indémodable de l’humour malaisant.
Parce que son concept de faux documentaire n’a pas pris une ride

The Office est ce qu’on appelle un « mockumentary » (documentaire parodique), un choix de genre assez audacieux à l’époque de la création de la série en 2001. Dans un style dépouillé, caméra à l’épaule, on suit le quotidien des employés d’une usine de fabrication de papier située à Slough en Angleterre. Les personnages s’adressent donc directement à la caméra, notamment lors d’interviews individuelles géniales où ils expriment ce qu’ils pensent.

Face à la présence d’une équipe de télévision, certains délirent complètement, tandis que d’autres sont incroyablement gênés. Et c’est exactement ce mélange que l’on ressent lors du visionnage. Aujourd’hui, le mockumentary s’est répandu partout et a notamment influencé Modern Family et Parks and Recreation, tout simplement deux des meilleures séries comiques des années 2010.

Parce que Ricky Gervais n’a jamais été aussi drôle

Le concept de The Office a beau avoir été adapté dans plusieurs pays (et avec beaucoup de succès aux Etats-Unis), on revient toujours à la version originale imaginée par Ricky Gervais, humoriste et acteur découvert pour son rôle de David Brent, le patron pathétique de l’usine Wernham Hogg. Avec ce personnage odieux qui met toute son énergie à paraître cool, appréciable et drôle auprès de ses salariés et du public (en vain), mais qui est en réalité raciste, sexiste et homophobe, Ricky Gervais a créé un personnage culte et un sommet de l’humour qui met tellement mal à l’aise le spectateur qu’il peut avoir envie d’éteindre sa télé devant l’accumulation d’interventions embarrassantes qui tombent à plat.

The Office n’est pas une série faite pour tout le monde, mais si l’on apprécie cet humour anglais très particulier, elle est une référence absolue. Et on ne peut pas citer Ricky Gervais sans évoquer ses malheureux collègues, notamment Tim Canterbury, personnage gentil mais sarcastique qui a révélé l’excellent Martin Freeman, et Gareth Keenan, horrible prétentieux médiocre associé au visage impayable de Mackenzie Crook.

Parce que c’est une chronique géniale de la vie de bureau ordinaire

En écrivant et en réalisant The Office, Ricky Gervais a aussi réussi à capturer avec une incroyable acuité ce que peut être le quotidien d’une entreprise banale et de ses salariés, dans une ville de la banlieue de Londres pas vraiment réputée pour être très intéressante. On retrouve donc avec un plaisir totalement masochiste toutes les mesquineries, les ratés, et les moments gênants qui rythment la vie de bureau, ses séminaires, ses fêtes et ses tentatives de séduction.

Et paradoxalement, The Office montre toute la beauté voire même la poésie qui peut se cacher dans l’ennui et la morosité de ce quotidien dépourvu de toute exceptionnalité. La série peut être vue comme un éloge de la normalité de la vie, tout en soulignant l’importance de respecter les différences de chacun, un thème cher à Ricky Gervais.

The Office saisons 1 à 2, disponibles sur CANAL+.