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The Handmaid’s Tale (OCS) : Avant la révolution, retour sur la saison 3

Posté par Alexis Lebrun le 26 avril 2021
Deux ans après sa dernière apparition sur nos écrans, June Osborn revient le 29 avril sur OCS, pour une quatrième saison qui promet énormément. En attendant, il est grand temps de revenir sur la dernière salve d’épisodes de la série dystopique phare de la fin des années 2010. Attention, spoilers évidemment garantis sur les trois premières saisons de The Handmaid’s Tale.
La métamorphose de June

On se souvient de ce twist particulièrement inattendu. À la fin de la saison 2 de la série, l’héroïne de The Handmaid’s Tale décidait au dernier moment de ne pas quitter Gilead avec son bébé (Nichole), préférant retrouver sa première fille (Hannah) coincée chez une autre famille, les MacKenzie. June passe donc une grande partie de la saison 3 à tenter de la rejoindre, mais ses plans sont mis en échec. Lorsque les MacKenzie déménagent dans un lieu tenu secret pour échapper à June, cette dernière bascule. Car de l’autre côté, les Waterford tentent aussi par tous les moyens de récupérer Nichole, arrivée au Canada en compagnie d’Emily. Alors que June commence à perdre espoir (et frôle même une transformation digne de Walter White avec Jane dans Breaking Bad), elle décide – à défaut de pouvoir sauver Hannah – de rendre la monnaie de sa pièce à Gilead, et de sauver un maximum d’enfants volés par le régime totalitaire aux servantes comme elle. Elle orchestre ainsi pendant plusieurs épisodes un plan d’évasion rocambolesque pour (et avec) des dizaines de Marthas et d’enfants, et encore une fois, elle renonce au Canada au dernier moment.

Pour permettre à l’évasion de réussir, June se sacrifie en effet de façon héroïque à la fin de la saison, où elle est grièvement blessée par balle par un Gardien de Gilead, puis secourue par ses amies servantes au son de la musique exquise de Mazzy Star. Mais ce plan n’aurait pas été possible non plus sans l’aide du nouveau Commandeur de June (Joseph Lawrence), déjà arrivé à la rescousse à la fin de la saison 2. Magnifiquement interprété par Bradley Whitford (qui a gagné un Emmy pour le rôle), ce personnage ambivalent est décisif dans la saison 3, puisqu’il vient en aide à la résistance tout en conservant ses fonctions très importantes au sein du régime de Gilead, dont il est l’un des principaux architectes. S’il est donc loin d’être un enfant de chœur (les Colonies, c’est lui), il est pour le moins iconoclaste dans la dystopie de la série, puisqu’il refuse notamment de se soumettre aux viols ritualisés et mensuels des servantes, les « Cérémonies ».

La déchéance des Waterford

Ce refus de la Cérémonie, c'est évidemment ce qui distingue le plus le Commandeur Lawrence du Commandeur Waterford, le violeur en série de June pendant les deux premières saisons. Fred Waterford connaît d’ailleurs une chute spectaculaire dans cette saison 3 : il apprend que sa femme Serena a volontairement laissé partir Nichole au Canada, et son monde s’effondre littéralement quand Serena met le feu à leur maison effrayante et la réduit en cendres. Il faut dire que cette dernière vient non seulement d’abandonner – à la surprise générale – le bébé qu’elle désirait plus que tout au monde, mais qu’elle a aussi été sévèrement punie par son mari pour avoir eu l’outrecuidance de lire (la Bible, quelle mécréante !), ce qui est évidemment interdit aux femmes de Gilead. La voilà donc sans enfant, avec un doigt coupé, et contrainte de retourner vivre chez sa mère, puisqu’elle n’adresse presque plus la parole à son tyran/violeur/psychopathe (etc.) de mari. Et alors qu’elle semble prête à se rebeller et même à nouer une vraie relation avec June au début de la saison, son obsession pour la maternité la rattrape rapidement, et elle revient sur sa décision de laisser Nichole grandir libre loin de Gilead.

Ironie du sort : le couple se rabiboche grâce à June, et pour la remercier, il ne trouve rien de mieux que de lui forcer la main pour faire d’elle un moyen de propagande au service d’un lobbying diplomatique et médiatique militant pour le retour de Nichole chez eux. Et si Fred et Serena semblent à un moment connaître un retour en grâce en s’installant à Washington – où les préceptes de Gilead sont appliqués avec une dureté inégalée –, ils pêchent encore une fois par excès d’orgueil en fin de saison. En voulant récupérer Nichole par leurs propres moyens, ils tombent dans un piège grossier et sont arrêtés au Canada. C’est en réalité un coup monté de Serena, qui n’a pas raté l’occasion de négocier son immunité et (un droit de visite de Nichole) en témoignant de toutes les atrocités commises par son mari. Mais Fred ne veut pas être le seul à tomber et à affronter la justice pénale internationale : il se venge de Serena en révélant de son côté que sa femme a déclenché au moins un viol subi par June (avec Nick). Son deal ne tient plus : adieu la liberté au Canada et les visites à Nichole, bonjour la prison avec Fred.

Des nouvelles du Canada

De l’autre côté de la frontière, les Waterford affrontent évidemment la rancune mortelle du mari de June (Luke) et sa meilleure amie (Moira), frustrés par l’absence de la servante écarlate restée coincée chez Gilead avec Hannah. Bien avant ces événements, le duo improbable formé par Luke et Moira accueille au début de la saison 3 le bébé tant convoité par les Waterford, Nichole, confiée par June à Emily à la fin de la saison 2, et dont ils s’occupent pendant toute la saison 3. Mais l’arc narratif le plus émouvant est sans conteste celui de l’incroyable Emily – toujours jouée à la perfection par Alexis Bledel –, et qui retrouve enfin sa femme (Syl) et leur fils (Oliver), après plusieurs années de séparation. Hantée par les horreurs subies et commises pour survivre en tant que "traitre au genre" à Gilead, l’ancienne brillante prof de biologie a logiquement des difficultés à faire la transition avec le retour à la vie civile au Canada.

Pour les tyrans de Gilead en revanche , la vie est plus facile : Tante Lydia survit miraculeusement à ses blessures infligées par Emily à la fin de la saison 2, malheureusement pour les servantes et heureusement pour les fans de l’actrice Ann Dowd (tout le monde). On comprend aussi tardivement pourquoi Nick zigzague si facilement entre les soupçons (notamment pour son rôle dans les évasions de June) : avant de devenir un Gardien, un Œil puis un Commandeur, il a servi Gilead pendant la guerre qui a donné naissance au régime, et ses faits d’armes lui confèrent visiblement un rang et une réputation de haut niveau dans la hiérarchie. Peu présent dans la saison 3, on le retrouvera dans la prochaine, mais il n’a pas intérêt à chercher des noises à June, car cela fait un moment que celle-ci applique de mieux en mieux la phrase latine rendue célèbre par la série pour « ne pas se laisser tyranniser par les salauds » : Nolite Te Bastardes Carborundorum un jour, Nolite Te Bastardes Carborundorum toujours. Comme on a hâte…

The Handmaid’s Tale saison 4, diffusée à partir du 29 avril sur OCS, disponible avec CANAL+. Les saisons 1 à 3 sont disponibles en intégralité sur myCANAL.