Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

The White Lotus (OCS) : une satire féroce des vacances des riches

Posté par Alexis Lebrun le 12 juillet 2021
Vous pensez qu’un hôtel paradisiaque est l’endroit idéal où passer ses vacances quand on est plein aux as ? The White Lotus, la nouvelle mini-série HBO diffusée sur OCS en France, risque bien de vous faire changer d’avis.
Aloha from Hawaii

Destination touristique très prisée des Américains du continent, Hawaï regorge d’hôtels de luxe aux petits soins avec les clients les plus fortunés. C’est dans l’un d’entre eux que se déroule l’intrigue de The White Lotus : pendant une semaine, on y suit les vacances plus que mouvementées d’une galerie de personnages tous aussi privilégiés les uns que les autres. Manque de pot, on apprend en introduction que quelqu’un a été tué dans cet hôtel pendant son séjour, mais son identité n’est pas immédiatement révélée : la série fait un bond de sept jours en arrière à l’arrivée des nouveaux occupants du White Lotus.

Parmi eux, on trouve un couple de jeunes mariés dont la lune de miel ne va pas se passer comme prévu, et ce d’autant plus que la mère très envahissante de l’époux débarque sans avoir été invitée. De son côté, la pauvre Tanya est là pour disperser en mer les cendres de sa mère récemment décédée, mais à sa tristesse s’ajoutent des névroses loin d’être résolues. Ce n’est pas mieux du côté de la famille Mossbacher, dont le père Mark souffre d’un problème de santé gênant et d’un gros manque de confiance en lui parce que tenez-vous bien, son épouse Nicole est une femme d’affaires à succès qui gagne plus d’argent que lui. Quant à leurs enfants, ils ont aussi de « graves » problèmes : le fiston Quinn est un nerd qui passe son temps sur sa Switch, et leur fille Olivia est une peste toxique qui critique tout ce qui bouge en se droguant avec sa pote Paula.

Lutte des classes

Face à eux, on retrouve les malheureux salariés du White Lotus, qui doivent constamment se plier en quatre pour satisfaire les caprices absurdes de leurs richissimes clients, persuadés que tout leur est dû. Le ressort comique de la série repose en grande partie sur le personnage d’Armond, le responsable de l’hôtel qui doit mettre entre parenthèses ses soucis personnels pour s’assurer que tous les employés sont aussi diligents et aimables que possible avec la clientèle de l’hôtel, même quand cette dernière les traite comme des chiens. C’est le cas de Belinda, la gérante du spa qui aimerait faire décoller sa carrière, mais qui n’est jamais sur un pied d’égalité en raison de sa couleur de peau.

Car en plus de mettre en évidence de façon frontale – et drôle – les inégalités criantes qui opposent les personnages et les mécanismes de domination que les clients imposent à ceux qu’ils considèrent comme leurs subalternes, The White Lotus évoque aussi la façon dont Hawaï et ses populations autochtones sont encore victimes d’une forme d’exploitation et de néocolonialisme de la part de l’Amérique blanche et aisée qui abuse du tourisme de masse, sans grand respect pour les traditions de ses hôtes. La série est donc nettement moins légère qu’elle n’en a l’air au premier abord, et à l’image de l’intrigue qui s’assombrit de plus en plus au fil des épisodes, The White Lotus ne se contente pas d’être souvent hilarante : elle n'hésite pas à questionner notre mode de vie en nous mettant mal à l’aise s’il le faut.

Le nouveau bébé de Mike White

Cette dimension satirique et sociale ne vous surprendra pas si vous connaissez un peu le travail de celui qui est notamment connu pour avoir offert à Laura Dern un rôle génial pendant les deux saisons de la trop méconnue Enlightened (OCS), apparue il y a déjà dix ans sur nos écrans. Mais au-delà de la télévision, le créateur de The White Lotus est surtout un scénariste reconnu au cinéma (Beatriz at Dinner en 2017) et le réalisateur de deux bons films indés très personnels (Year of the Dog et Brad’s Status).

Rien d’étonnant donc si Mike White signe le scénario et la réalisation de tous les épisodes de sa nouvelle série, mais il a aussi la chance d’être épaulé par un casting de grande qualité. On retrouve en effet Natasha Rothwell (Insecure), Sydney Sweeney (The Handmaid’s Tale, Sharp Objects, Euphoria), Steve Zahn (Treme), Alexandra Daddario (True Detective), Murray Bartlett (Looking), Jake Lacy (Girls), et surtout Connie Britton (Friday Night Lights, Nashville) ou encore Jennifer Coolidge (2 Broke Girls). De quoi rendre presque attachants les clients de The White Lotus.

The White Lotus épisodes 1 à 6, en intégralité sur OCS, disponible avec CANAL+.