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11 ans après sa sortie, ce film est toujours une référence du cinéma LGBTQ+ français

Onze ans après sa sortie en salles, LA BELLE SAISON n'a rien perdu de sa force. En racontant l'histoire d'amour de deux femmes dans la France des années 1970, Catherine Corsini signait un film à la fois romantique, politique et profondément humain. Porté par un casting remarquable, le film est resté une œuvre incontournable du cinéma LGBTQ+ français. On vous explique pourquoi.

Une passion amoureuse sur fond de révolution féministe

Sorti en août 2015, LA BELLE SAISON nous plonge en 1971. Delphine (Izïa Higelin), fille d'agriculteurs installés dans le Limousin, quitte la ferme familiale pour tenter de gagner son indépendance à Paris. Elle y rencontre Carole (Cécile de France), professeure, militante féministe et en couple avec Manuel (Benjamin Bellecour). Entre les deux femmes naît une histoire d'amour aussi passionnée qu'impossible, bientôt rattrapée par le poids des conventions sociales, notamment au moment où Delphine est contrainte de retourner vivre auprès de sa famille.

Plus qu'une romance (ce qui aurait déjà suffi au film pour être remarquable), LA BELLE SAISON raconte la rencontre de deux combats : celui qui entoure l'émancipation des femmes à une époque de grand élan militant mondial et celui qui se penche sur la liberté d'aimer. Catherine Corsini (UN AMOUR IMPOSSIBLE, LA FRACTURE) ancre son récit dans les débuts du Mouvement de libération des femmes (MLF), sans jamais perdre de vue ses personnages. Le film évite les clichés en montrant les difficultés d'une homosexualité vécue hors des grandes villes, à une époque où les mentalités évoluent encore très lentement.

Un film devenu une référence

Face à Cécile de France, Izïa Higelin confirme ici, avec l'un de ses premiers grands rôles au cinéma, tout son talent d'actrice. Les deux comédiennes sont entourées (et bien !) de Noémie Lvovsky, Kévin Azaïs, Laetitia Dosch, Sarah Suco, ou encore Bruno Podalydès, qui composent une galerie de personnages justes et attachants. Présenté en première mondiale au Festival de Locarno, où Catherine Corsini reçoit le Variety Piazza Grande Award, LA BELLE SAISON est ensuite sélectionné dans de nombreux festivals internationaux avant d'être nommé aux César et aux Lumières. La bande originale signée Grégoire Hetzel y décroche d'ailleurs le Lumière de la meilleure musique.

À la sortie du film, il y a dix ans, Catherine Corsini expliquait sa démarche avec une formule qui résume parfaitement l'esprit du film : « Je voulais des héroïnes énergiques, vaillantes, positives. » Aujourd’hui et en ce mois des fiertés, cette volonté résonne toujours autant. Grâce à son regard sensible, sa mise en scène solaire et son refus du voyeurisme, LA BELLE SAISON est devenue une œuvre de référence, autant pour la représentation des amours lesbiennes à l'écran que pour son portrait vibrant des luttes féministes des années 1970.