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Cannes 2026 : comment THELMA ET LOUISE a marqué le cinéma

Elles sont l'affiche de cette 79ᵉ édition du Festival de Cannes. Geena Davis, Susan Sarandon, ou plutôt THELMA ET LOUISE. Le film est au premier plan de Cannes 2026 et cela n'a rien d'une coïncidence. Retour sur une masterclass.

THELMA ET LOUISE ou la réécriture du western classique

La 79ᵉ édition du Festival de Cannes a décidé de rendre hommage à l'un des plus grands films de Ridley Scott (qui en a quand même plus d'un à son actif), THELMA ET LOUISE, une ode à l'émancipation et à la liberté sortie en 1991. Dans les rôles titres, Geena Davis et Susan Sarandon. Parties pour un week-end de détente, deux jeunes femmes cherchant à fuir leur quotidien monotone se retrouvent piégées dans une spirale de violence.

Un long-métrage qui a marqué les esprits par sa portée féministe toujours d'actualité, mais également par la manière qu'a eu Scott de moderniser des codes du cinéma classique, notamment en ce qui concerne le western. La preuve en une scène ou presque.

Parce qu'en réalité, Scott prépare le terrain pour la séquence qui va nous intéresser déjà quelques minutes auparavant, lorsque le tandem cherche à fuir l'État et passe au milieu d'un troupeau de vaches mené par des cow-boys, lasso en main. Louise porte son chapeau et Thelma un gilet sans manches et mâche du chewing-gum comme du tabac à chiquer. Elles sentent que tout finira mal, ce qui n'est pas sans rappeler le dernier baroud d'honneur de Butch Cassidy et Sundance Kid.

Duel au soleil

Peu après, elles croisent un chauffeur routier peu respectueux, persuadé que sa virilité le place en position de force. Les deux femmes l'invitent à les suivre pour engager ce qui ressemblera à un « duel ». Alors que l'homme s'avance, la caméra se place derrière le duo, accentuant la position des héroïnes. Louise retire son chapeau et Thelma a la main sur la hanche, prête à dégainer l'arme qu'elle a dans le dos. Elles sont calmes, sûres d'elles, elles sont des hors-la-loi et elles dégainent.

Mais ce n'est pas la mort qui intéresse Scott, c'est le renversement du rapport de force. Thelma & Louise ne tirent pas sur le camionneur dominé, elles ciblent le symbole de sa domination, son gros camion. L'homme finit à genoux, humilié. Nos héroïnes lui prennent sa casquette et tournent autour de lui avec leur voiture.

Tout y est. Le duel au soleil, les bandits qui attaquent la diligence, le cow-boy finissant au sol, désarmé, le rodéo et même la récupération d'un scalp (la casquette). En 1991, Scott signe son western, le genre cinématographique des grands espaces et d'individus en quête de liberté, filant vers le soleil couchant. La boucle est bouclée.