Ce nanar culte vient d'arriver sur Netflix et croyez-nous, il vaut le détour !
Si vous aimez les films iconoclastes, alors Netflix vient d'ajouter à son catalogue une pépite de science-fiction des années 90 qui ne vous laissera certainement pas indifférents.
Avant Neo, il y avait Johnny Mnemonic
Si vous allumez Netflix, notamment via CANAL+, alors vous avez des chances de vous retrouver devant une nouvelle acquisition à l'affiche intrigante. Keanu Reeves, coupé court, flingue à la main, dans une ambiance futuriste cyberpunk. Et vous vous demandez deux choses : quelle est cette diablerie et pourquoi n'en avez-vous jamais entendu parler ?
Nous sommes en 1995, la même année qu'un certain GHOST IN THE SHELL. SPEED a un an et dans l'ombre, deux sœurs commencent à imaginer un monde où les humains se retrouveraient piégés dans une matrice. Bref, une époque où la science-fiction et Keanu Reeves ont le vent en poupe. Un moment parfait pour JOHNNY MNEMONIC. Sur le papier.
William Gibson scénarise sa propre nouvelle avec Robert Longo à la réalisation. On y suit un messager transportant des données à l'intérieur de son crâne. Qu'est-ce qui le tuera en premier, ce fardeau ou les yakuza ?
On ne va pas se mentir, JOHNNY MNEMONIC n'est pas un bijou de cinéma et ce n'est pas pour sa qualité que l'on en parle aujourd'hui. On en parle parce que c'est une véritable curiosité cinéphile devenue avec le temps un immanquable, rien que pour la science.
Imaginez. Un long-métrage renié par son scénariste, gâché par un réalisateur inexpérimenté dont ce sera le seul long-métrage, un acteur principal anémique et un casting complètement lunaire composé de Dolph Lundgren (ROCKY IV), Dina Meyer (STARSHIP TROOPERS), ICE-T (TANK GIRL) ou encore Takeshi Kitano (BATTLE ROYALE). Tout est réuni pour que JOHNNY MNEMONIC devienne rapidement un Objet Cinématographique Non Identifié, pour notre plus grand plaisir.
Un statut culte... malgré lui
Là où des films comme FIGHT CLUB ont eu tendance à être réévalués malgré des critiques négatives à sa sortie, JOHNNY MNEMONIC n'a pas eu cette chance et pourtant, il a gagné ses galons de culte pour la fascination qu'il procure.
Il faut reconnaître que le film manque plus de budget que d'ambition et malgré son côté kitsch, il a beaucoup apporté, à sa façon, au mouvement cyberpunk. Tout simplement parce qu'il ose sans avoir peur du ridicule. Avez-vous déjà vu des dauphins hackers ? Maintenant oui. Tout y est improbable de la tête aux pieds, des acteurs au décor. Le long-métrage a un petit côté plaisir décomplexé que l'on aime voir non pas pour sa qualité, mais presque davantage pour ses défauts devenus touchants.
Il n'est donc pas étonnant qu'il dégage encore aujourd'hui une certaine affection de la part des amateurs de science-fiction ou de nanar à voir avec les copains. Le genre de film qui résiste au temps non pas pour son intemporalité, mais parce qu'il était déjà vieux à sa sortie, et le pire, c'est que c'est pour ça qu'on a tous fini par l'aimer. Au point où même Sony a lancé une version noir et blanc en 2022 pour célébrer le long-métrage. Du pur bonheur involontaire à retrouver sur Netflix, HBO Max et CANAL+.
