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Cette référence de la comédie française a été un énorme bide à sa sortie

En 1982, la troupe du Splendid quitte LES BRONZÉS pour une autre comédie, LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE. Au début, mal lui en a pris, car oui, le film n’a pas convaincu son public, loin de la comédie culte que l’on retrouve sur CANAL+ aujourd’hui.

Dans l’ombre des BRONZÉS

“Thérèse n’est pas moche. Elle n’a pas un physique facile”, “Zezette épouse X”, “Je ne vous jette pas la pierre, Pierre”… Des répliques que plusieurs générations connaissent aujourd’hui sur le bout des doigts et pourtant, le Splendid a failli ne pas se relever de l’adaptation au cinéma de leur pièce LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE et pour cause, le public, lui, n’avait pas été au rendez-vous. 

Avait-on vu Josiane Balasko, Marie-Anne Chazel, Christian Clavier, Gérard Jugnot, Thierry Lhermitte, Michel Blanc et Bruno Moynot trop beaux, trop grands, trop drôles ? En 1978, celles et ceux qui ont créé le café-théâtre Le Splendid adaptent à l’écran leur pièce, LES BRONZÉS. Environ 2,3 millions d’entrées, ce qui, à l’époque, est un très joli score. Ces inconnus d’hier deviennent soudain les nouveaux visages de la comédie populaire. Mais LES BRONZÉS FONT DU SKI ne réunit que 1,53 million de fans au cinéma un an plus tard. Déjà la chute ? 

En 1982, ce manque d’amour semble se confirmer. LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE fait à peine mieux avec 1,58 million de spectateurs. Le public ne semble pas comprendre l’humour beaucoup plus noir, limite tragique, de cette comédie, bien loin des blagues légères des BRONZÉS. Et puis sortir un film de Noël en plein mois d’août ? Diablerie. Le titre lui-même empêche une campagne d’affichage intense, jugé trop injurieux pour l’espace public. 

LE PÈRE NOËL EST UNE ORDURE, chaque fin d’année

Si on a pu voir que des films comme FIGHT CLUB ont été sauvés d’un fond de tiroir par le marché vidéo, dans le cas du PÈRE NOËL EST UNE ORDURE, c’est bien la TV qui a permis au long-métrage de Jean-Marie Poiré de devenir une référence de la comédie française. Un destin que le film partage avec… LES BRONZÉS FONT DU SKI !

Les deux films bénéficient depuis plus de quarante ans d’une rediffusion annuelle, voire même plusieurs fois dans l’année, touchant ainsi à chaque fois un nouveau public tout en réunissant les anciens qui voient chez l’un comme chez l’autre une œuvre doudou avec laquelle on vieillit. 

Surtout que l’humour du PÈRE NOËL n’a pas pris une ride. En se moquant de l’hypocrisie des gens, riant des organismes de charité, avec des dialogues ciselés qui fonctionnent encore maintenant, difficile de ne pas rire devant ce “pire film à regarder à Noël” qui se savoure tout le reste de l’année. Un film fin, très fin, qui se mange sans faim.