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Comment ce film influence l'animation japonaise et le cinéma depuis 30 ans

Disponible sur CANAL+, GHOST IN THE SHELL est non seulement un précurseur, mais surtout un exemple à suivre pour tout un pan du cinéma.

GHOST IN THE SHELL, l'âme dans la machine

AKIRA et GHOST IN THE SHELL, deux faces d'une même pièce qui, dans les années 80 pour l'un, dans les années 90 pour l'autre, ont constitué le socle sur lequel a ensuite reposé presque la popularité mondiale de l'animation japonaise, voire de l'animation tout court, en se servant d'un médium jusqu'ici tourné vers les enfants pour y livrer un récit mature, adulte.

C'est d'autant plus vrai avec l'œuvre de Mamoru Oshii qui reste une œuvre fondatrice de la science-fiction et du courant cyberpunk particulier. Bien que le réalisateur ait fait ses preuves quelques années auparavant avec L'OEUF DE L'ANGE dans le domaine du récit philosophique, il change de dimension avec GHOST IN THE SHELL où il abandonne l'onirisme au profit d'une intrigue plus foisonnante.

Il y interroge notre nature, ou du moins notre essence, via le major Kusanagi qui ne cesse de se questionner sur son existence, elle qui a un corps entièrement cybernétique. Où commence et où s'arrête la conscience, aussi artificielle soit-elle. GITS parle de transhumanisme, d'identité, des thématiques qui traversent les décennies et qui se retrouvent encore aujourd'hui dans de nombreuses œuvres qui ont suivi.

Une œuvre d'anticipation majeure

Cette histoire de conscience et de machine n'est pas nouvelle. D'ailleurs, on pourrait souligner que GITS s'inspire partiellement de BLADE RUNNER et donc des écrits de Philip K. Dick. Ce ne serait pas faux. Néanmoins, le long-métrage d'Oshii s'amuse à changer le point de vue en intégrant cette question de l'âme non pas dans la bouche des humains spectateurs, mais au sein même de son personnage principal. PAPRIKA, A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, EX MACHINA, WESTWORLD, HER… nombreuses sont les œuvres qui se revendiquent, de près ou de loin, de GHOST IN THE SHELL.

D'ailleurs, les sœurs Wachowski ne cachent pas s'être servies du film pour vendre un certain Matrix aux producteurs à l'époque, annonçant vouloir « faire ça en live-action » (selon l'un des producteurs). Elles partagent avec Oshii son goût pour l'utilisation du numérique et la désaturation des couleurs pour donner une teinte particulière à leur monde futuriste, comme pour donner un aspect métallique à l'image.

Son influence ne s'arrête pas à ces films et GITS demeure incroyablement pertinent dans chaque aspect qui touche notre société actuelle. Débat sur l'IA, sur l'identité numérique, sur la conscience artificielle… Tous les débats se retrouvaient déjà, en 1995, dans GHOST IN THE SHELL, comme si Oshii avait anticipé les préoccupations futures.

Une œuvre moderne avant l'heure, une œuvre intemporelle qui aura accouché d'une suite, INNOCENCE, qui finira en sélection officielle au Festival de Cannes, comme une preuve de la reconnaissance de l'animation japonaise et du travail de Mamoru Oshii au plus gros échelon du septième art.