Depuis 8 ans, la fin de ce film oscarisé nous déchire toujours autant le cœur
LA LA LAND : la romcom désenchantée de Damien Chazelle
LA LA LAND démarre comme une comédie musicale classique. Dans les embouteillages de Los Angeles, une chorégraphie géante s’installe sur la route et donne le ton. Damien Chazelle revendique son héritage : Jacques Demy, les comédies musicales de l’âge d’or hollywoodien, les partitions jazzy qui rythmaient les romances d’antan. Mais il ancre son récit dans un décor contemporain, celui d’une ville tentaculaire où les rêves d’artistes se brisent aussi vite qu’ils naissent.
Mia (Emma Stone), serveuse dans un café des studios en attendant le rôle de sa vie, enchaîne les auditions ratées. Sebastian (Ryan Gosling), pianiste de jazz, survit en jouant des reprises dans des restaurants qui ne veulent pas de son répertoire. Leur rencontre a tout d’une évidence, mais très vite leurs rêves se heurtent au quotidien et à l’impossibilité de faire coexister leurs deux passions. Surtout lorsque Sebastian signe pour une grosse tournée avec une superstar de la chanson.
Avec LA LA LAND, Damien Chazelle ne cherche pas le happy end satisfaisant : il montre que les rêves ont un prix, et que parfois, ce prix est l’impossibilité de rester ensemble.

Une fin inoubliable et un triomphe aux Oscars
C’est évidemment la dernière séquence de LA LA LAND qui a marqué à jamais le public. Dans un club de jazz, Mia et Sebastian se retrouvent par hasard 5 ans après leur séparation. Elle est venue en spectatrice, avec son nouveau mari, et lui joue sur scène. Leurs regards se croisent et soudain, le film s’offre une parenthèse bouleversante : un long montage muet où l’on découvre la vie qu’ils auraient pu partager s’ils avaient fait d’autres choix. Le retour à la réalité est brutal, avec ce dernier regard qui semble durer des heures. Et une dernière note en suspens, comme si leur histoire avait encore quelque chose d’inachevé.
Avec ses 6 Oscars (et son raté à la statuette du meilleur film, finalement remportée par MOONLIGHT), ses 7 Golden Globes et son triomphe à la Mostra de Venise, LA LA LAND a marqué l’histoire des récompenses. Sa bande originale, composée par Justin Hurwitz, fidèle collaborateur de Damien Chazelle depuis ses débuts, a envahi les playlists du monde entier, avec “City of Stars” ou “Audition” devenus des classiques. Plus largement, le film a relancé un intérêt pour la comédie musicale, un genre qui semblait cantonné au passé.
