EN FANFARE sur CANAL+ : le réalisateur a mis 8 ans à faire le film
Avant d’être une histoire familiale, le film d’Emmanuel Courcol EN FANFARE est d’abord un hommage aux musiciens, quelle que soit leur formation, et au pouvoir fédérateur de la musique.
Une envie de raconter la fanfare
Dans le film EN FANFARE, nous suivons deux frères : l’un est un citadin installé dans sa carrière, l’autre vit en Normandie dans une petite ville où il est cantinier. Tout les oppose, mais une chose les rassemble : l’amour de la musique. Thibaut, interprété par Benjamin Lavernhe, est un chef d’orchestre, tandis que Jimmy (Pierre Lottin), son demi-frère, fait partie de la fanfare locale. Ce lien viscéral avec les instruments leur permettra-t-il de surmonter leurs différences ?
Plus que l’histoire d’une famille, c’était l’histoire d’une fanfare que rêvait de raconter Emmanuel Courcol, le réalisateur, fasciné par ce milieu chaleureux et profondément humain. Hanté par cette idée depuis près de huit ans ans, il trouve finalement son bonheur en rencontrant celle de Walincourt, qu’il découvre dans le documentaire LA FANFARE NE PERD PAS LE NORD. Dès la première entrevue, l’entente est immédiate.
“Un jour, on s’est donc retrouvé chez eux, comme Benjamin dans le film” se souvient Emmanuel Courcol. “Après la répétition on a bu des bières tous ensemble et immédiatement, les gens se sont montrés accueillants, charmants. Leurs personnalités comme leurs magnifiques locaux en brique et la salle de répétition qu’on voit dans le film correspondaient parfaitement à ce que je cherchais. Pour moi, le choix était évident”.

La musique, quelle qu’elle soit
Mais la fanfare n’est pas le seul environnement musical auquel les personnages sont confrontés, puisque nous suivons aussi de très près le travail de chef d’orchestre de Thibaut. Pour l’occasion, Emmanuel Courcol décide d’impliquer au maximum le public dans l’expérience qu’il met en scène. “Il fallait obtenir des plans qu’on n’a pas lorsqu’on assiste à un concert. Je voulais qu’on soit immergé avec Thibaut, je voulais filmer ses mains et ses expressions” confie-t-il.
La rencontre entre ces deux univers -le monde vivant et chaotique de la fanfare, l’univers plus sophistiqué de l’opéra- permet aussi au réalisateur de nous parler du pouvoir de la musique, indépendamment des origines sociales. EN FANFARE est ainsi infusé de genres différents, et mélange allègrement jazz, musique classique et variété.
“L’idée est d’interroger le pouvoir fédérateur et réparateur de la musique sous toutes ses formes” analyse le réalisateur. “Si collectivement, elle peut cimenter une communauté dans une société qui se fracture économiquement et socialement, elle est aussi le lieu intime du rapprochement de deux frères que tout oppose, et leur patrimoine commun”.
