Et plus si affinités : Isabelle Carré et Bernard Campan vous invitent à un dîner plutôt épicé
Un huis-clos comme on les aime
Un dîner entre voisins (ou copains) dans un bel appart parisien, des couples en crise et le ton qui monte jusqu’à ce qu’on ne sache plus trop où on en est : ça vous dit quelque chose ? C’est la recette de certaines des plus grandes comédies françaises de ces dernières décennies, de CUISINE ET DÉPENDANCES en 1993, avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, au PRÉNOM, vingt ans plus tard… et c’est aussi celle de ET PLUS SI AFFINITÉS, le dernier film de Olivier Ducray et Wilfried Meance.
Reposant cette fois-ci sur l’idée d’un dîner entre voisins, le film s’inspire d’un long-métrage espagnol, SENTIMENTAL, lui-même adapté d’une pièce de théâtre. Le temps d’un huis-clos autour d’une table bien dressée, on y retrouve toute la vivacité et l’énergie des comédies dînatoires qu’on aime, avec, en prime, un ingrédient surprise : la sexualité.

C’est quoi, une vie sexuelle épanouie ?
Le véritable sujet de ET PLUS SI AFFINITÉS, c’est en réalité l'épanouissement sexuel : alors que Sophie et Xavier, le couple de quinquas incarnés par Isabelle Carré et Bernard Campan, s’est embourbé dans une routine sans surprise, la rencontre avec Alban et Adèle (Pablo Pauly et Julia Faure), leur voisins aux pratiques bien différentes, vient secouer leurs idées reçues sur l’amour et le bonheur.
Derrière quelques blagues bien senties sur le sexe, ET PLUS SI AFFINITÉS questionne surtout le droit au plaisir, et se joue des idées reçues qu’on peut avoir sur la liberté sexuelle. En amorçant des discussions (encore trop rares à l’écran comme dans la vraie vie) sur les envies, les peurs et les frustrations de chacun, la comédie de Ducray et Meance dépoussière le genre du dîner qui dégénère en lui apportant un twist réjouissant.

Deux couples bien croqués
La force du film vient en partie des quatre comédiens principaux, dont l’alchimie et l’énergie fonctionnent très bien à l’écran. Côté voisins, Pablo Pauly et Julia Faure font rire sans nécessairement tomber dans le cliché du couple échangiste et débauché ; côté quinquas, Isabelle Carré et Bernard Campan font eux aussi des étincelles en mari et femme qui se redécouvrent inopinément.
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les deux comédiens incarnent un couple à l’écran, puisqu’on pouvait déja les croiser ensemble dans LA DÉGUSTATION, et surtout dans SE SOUVENIR DES BELLES CHOSES, en 2001, soit le poignant long-métrage de Zabou Breitman à propos d'une histoire d’amour naissante sur fond d'Alzheimer précoce. Un compagnonnage professionnel qui leur permet une vraie belle authenticité à l’écran, et qui leur a valu les prix de Meilleur acteur et actrice au Festival international du film de comédie de l’Alpe d’Huez.



