Et si on regardait Le Règne animal ce soir sur CANAL+ ?
Acclamé par la critique et le public depuis sa première projection à Cannes, le film de Thomas Cailley a aussi été l’un des grands gagnants de la dernière cérémonie des César. À l’occasion de sa diffusion sur CANAL+, voici cinq bonnes raisons de voir Le Règne animal.
Une intrigue universelle portée par deux acteurs en symbiose
Si LE RÈGNE ANIMAL a accumulé plus d’un million d’entrées dans les salles, c’est peut-être d’abord parce que son scénario touche tout le monde. Un homme y part à la recherche de sa femme, qui a commencé à se métamorphoser en créature animale, tout en devant composer avec la transformation de son fils adolescent, avec lequel ses relations évoluent beaucoup pendant le film.
Cette intrigue familiale et ce récit d’apprentissage fantastique sont d’autant plus émouvants que les deux personnages principaux sont incarnés par Romain Duris et la révélation Paul Kircher, qui possèdent une alchimie remarquable.

Une fable engagée pour la défense de la biodiversité
Mais derrière ce scénario universel, Thomas Cailley a ajouté plusieurs couches qui viennent donner de la profondeur au film. Mêlant les genres avec beaucoup d’habileté, il n’a pas créé un film apocalyptique à l’américaine, mais a préféré imaginer une utopie dans laquelle ces transformations peuvent être un facteur d’enrichissement du genre humain.
LE RÈGNE ANIMAL est ainsi un film implicitement politique qui défend les vertus de la tolérance vis-à-vis de la différence, et l’importance de faire corps avec la biodiversité qui nous entoure. À l’heure où la xénophobie et l’effondrement climatique nous menacent plus que jamais, ce rappel est loin d’être inutile.

Des images à tomber par terre de la forêt des Landes
Dans son premier long-métrage (LES COMBATTANTS, 2014), Thomas Cailley avait déjà joliment filmé sa région de cœur, les Landes. Pour LE RÈGNE ANIMAL, il a de nouveau fait appel à son frère David Cailley au poste de chef opérateur, et ce dernier – logiquement récompensé aux César – fait du film une expérience visuelle époustouflante.
Il a tourné essentiellement dans des décors naturels qui ont demandé beaucoup de recherches au cœur de la forêt landaise, et l'hommage rendu à cette végétation exceptionnelle prend aussi une autre dimension quand on sait que le tournage a été interrompu par de graves incendies.

Des effets spéciaux très réussis qui évitent le tout numérique
Doté d’un budget exceptionnel pour un film français de genre, LE RÈGNE ANIMAL en a fait très bon usage.
Plutôt que de céder à la facilité des fonds verts et des effets spéciaux numériques, le film repose largement sur des techniques pratiques, notamment pour les costumes des créatures – la costumière Ariane Daurat a elle aussi été récompensée aux César, tout comme l’équipe en charge des effets visuels –, ce qui les rend d’autant plus saisissantes à l’image.
Le meilleur exemple de cette réussite ? Fix, l’homme-oiseau interprété brillamment par Tom Mercier, que l’on ne risque pas d’oublier.

Une bande-originale bouleversante
Il a été l’une des révélations musicales d’une année 2020 marquée par la crise sanitaire, et son talent n’a pas échappé à Thomas Cailley. Son nom ? Andrea Laszlo De Simone, et cet artiste italien surdoué a composé une bande-originale inoubliable pour LE RÈGNE ANIMAL. Ses compositions épousent parfaitement les différentes dimensions – de l’intime à l’épique – du film, et il n’a donc pas volé son César de la meilleure musique originale.
Mais même lui ne peut pas rivaliser avec le morceau de Pierre Bachelet (Elle est d’ailleurs) utilisé dans une scène centrale du film, qui est tout simplement l’une des plus belles vues l’an dernier dans le cinéma français. On en a encore les yeux humides.



