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EVIL DEAD BURN : pourquoi c'est le film le plus français de la saga culte ?

Le très attendu EVIL DEAD BURN est enfin à découvrir au cinéma ! Pour ce nouvel opus de la saga gore, Sam Raimi a donné les rênes au réalisateur français Sébastien Vaniček, déjà remarqué avec son précédent film de genre, VERMINES. Nous l'avons rencontré, entouré de son co-scénariste Florent Bernard, ainsi que l'actrice principale du film, Souheila Yacoub.

EVIL DEAD BURN : Sébastien Vaniček s'attaque à la saga culte

Depuis plus de quarante ans, EVIL DEAD occupe une place à part dans le cinéma d'horreur. En 1981, Sam Raimi révolutionnait le genre avec un premier film fauché devenu culte, avant d'enchaîner avec EVIL DEAD 2 puis L'ARMÉE DES TÉNÈBRES, qui installaient définitivement l'identité de la saga : une mise en scène inventive, un humour noir omniprésent et une violence totalement décomplexée. La franchise a ensuite connu une seconde vie grâce au remake de Fede Álvarez en 2013, puis avec EVIL DEAD RISE en 2023, qui prouvait qu'elle pouvait continuer à se réinventer sans son héros emblématique Ash Williams.

Pour ce sixième volet, Sam Raimi et son équipe ont une nouvelle fois choisi de changer de regard plutôt que de reproduire une recette qui fonctionne. Leur choix s'est porté sur un réalisateur français encore inconnu à Hollywood : Sébastien Vaniček. Révélé en 2023 avec VERMINES, l'un des plus gros succès du cinéma de genre français de ces dernières années, il s'est rapidement retrouvé courtisé par plusieurs studios américains. Parmi les propositions reçues figurait EVIL DEAD. Une opportunité qu'il n'accepte qu'à une seule condition : pouvoir réaliser son propre film, avec son scénariste Florent Bernard, sans avoir à reproduire mécaniquement les précédents opus.

Dans EVIL DEAD BURN, Alice (Souheila Yacoub) rejoint la maison isolée de sa belle-famille après les funérailles de son mari. Ce qui devait être un dernier repas en sa mémoire tourne rapidement au cauchemar lorsqu'une force démoniaque s'empare, un à un, des membres de la famille. Au milieu de cette descente aux enfers, la jeune femme comprend que les promesses échangées avec son époux le jour de leur mariage continuent de les unir même après la mort.

Une sensibilité française au cœur d'une saga américaine

En quarante ans d'existence, la saga EVIL DEAD n'a cessé de se réinventer. De Sam Raimi à Fede Álvarez en passant par Lee Cronin, chaque réalisateur a imprimé sa propre vision tout en respectant l'ADN de la franchise. Avec EVIL DEAD BURN, Sébastien Vaniček signe pourtant une première historique : celle d'un épisode qui revendique pleinement une identité française, non pas dans son décor ou sa langue, mais dans sa manière de raconter ses personnages.

Lors de notre rencontre, le réalisateur et son co-scénariste nous ont confié que l'objectif n'était pas de plaquer quelques références hexagonales sur une production américaine, mais d'écrire avec sa propre culture. « Je n'aurais pas su écrire un personnage américain », a expliqué le réalisateur. Résultat : Alice, incarnée par Souheila Yacoub pense, réagit et parle avec une sensibilité profondément française. Une héroïne imparfaite, parfois abrasive, loin des figures hollywoodiennes plus consensuelles. Une femme que le film accepte de rendre humaine avant d'être héroïque.

Là où la saga a souvent privilégié le spectaculaire et la survie, EVIL DEAD BURN accorde une place centrale à la dimension sociale : aux non-dits familiaux, aux blessures intimes et aux violences intrafamiliales. Sébastien Vaniček et Florent Bernard expliquent avoir voulu raconter l'impossibilité de communiquer au sein d'une famille, les secrets que l'on enterre et les violences silencieuses qui rongent les liens avant même que les Deadites ne surgissent. Une démarche qui rappelle davantage le cinéma de genre français contemporain que les codes habituels du blockbuster horrifique.

Mais cette ambition ne s'oppose jamais au divertissement. Sebastien Vaniček résume lui-même sa philosophie avec une formule savoureuse : offrir un « burger-frites », mais avec « des légumes que tu n'as pas vus ». Autrement dit, un film conçu pour faire hurler, sursauter et divertir, tout en glissant un véritable propos sous son déluge de violence.

Le moins gore mais le plus brutal ?

Même la violence participe de cette identité. Le réalisateur affirme ne pas avoir cherché à réaliser l'épisode le plus gore de la saga, mais le plus brutal, où l'impact émotionnel compte davantage que les litres de sang versés.

En outre, la souffrance des personnages n'est jamais gratuite mais accompagne leur évolution et participe à la dimension cathartique propre à EVIL DEAD. Une vision plus viscérale que démonstrative, qui privilégie le ressenti plutôt que la surenchère graphique, même si le réalisateur n'a pas lésiné sur les séquences gores.

Le symbole le plus évident de cette rencontre entre deux cultures reste sans doute le fameux "french kiss démoniaque" qui fera frémir plus d'un spectateur. Derrière l'idée provocatrice, les cinéastes expliquent qu'ils cherchaient surtout une forme inédite de possession, encore jamais vue dans la franchise, tout en lui donnant un véritable sens narratif.

EVIL DEAD BURN, actuellement en salles.