Il y a 13 ans, Jennifer Lawrence remportait son premier Oscar grâce à ce film
Porté par un duo d’acteurs au sommet de leur art et rythmé par une bande originale omniprésente, le huitième long métrage de David O. Russell est instantanément devenu une référence du cinéma feel-good. Retour sur un succès délicieusement musical...
Une rencontre qui change tout
Lorsqu’il sort en 2012, HAPPINESS THERAPY (Silver Linings Playbook en version originale) s’impose rapidement comme l’une des plus belles surprises de l’année. Adapté du roman de Matthew Quick, le film raconte l’histoire de Pat Solatano (Bradley Cooper), un ancien professeur qui tente de reconstruire sa vie après plusieurs mois passés en hôpital psychiatrique. De retour chez ses parents dans la banlieue de Philadelphie, il s’accroche à l’idée de reconquérir son ex-femme lorsqu’il croise la route de Tiffany (Jennifer Lawrence), une jeune veuve aussi fragile qu’imprévisible.
Entre eux, rien ne se passe comme prévu. Les échanges sont électriques, les blessures encore à vif et les maladresses… nombreuses. À rebours des schémas habituels de la comédie romantique, David O. Russell transforme cette histoire de reconstruction en un récit où les personnages apprennent progressivement à composer avec leurs failles plutôt qu’à les cacher. Cette sincérité a largement contribué au succès du film. Jennifer Lawrence n’a d’ailleurs que 22 ans lorsqu’elle décroche le rôle de Tiffany, une performance qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice en 2013. Le réalisateur expliquera plus tard avoir immédiatement reconnu chez la comédienne « la vulnérabilité, l’humour et l’imprévisibilité » qui définissent son personnage.
Une ode à la musique, à la danse et à la résilience
Si HAPPINESS THERAPY aborde avec une rare justesse la santé mentale, le deuil, l’obsession amoureuse et la solitude, le film ne renonce jamais à sa légèreté. Bradley Cooper et Jennifer Lawrence insufflent à leurs personnages une énergie constamment mouvante, faite d’élans contradictoires et d’émotions à fleur de peau. Cette dynamique passe aussi – et de façon très convaincante – par la musique, chaque morceau accompagnant l’état d’esprit des personnages. Le film navigue ainsi entre la soul de Stevie Wonder (My Cherie Amour), le folk de Bob Dylan et Johnny Cash (Girl from the North Country), le rock d’Alabama Shakes (Always Alright), l’univers d’Alt-J (Buffalo) ou encore le jazz du Dave Brubeck Quartet. L’ensemble trouve une cohésion grâce à la partition originale de Danny Elfman, collaborateur régulier de Tim Burton, qui signe ici l’une de ses compositions les plus discrètes et mélancoliques.
À vrai dire, la musique joue même un rôle central dans la narration. My Cherie Amour de Stevie Wonder devient par exemple un véritable déclencheur émotionnel pour Pat, puisqu’il associe ce morceau à son mariage passé. À l’inverse, la danse devient peu à peu le symbole d’une possibilité d’avenir pour les deux personnages principaux. Devenue culte, la séquence du concours de danse résume à elle seule l’esprit du film : l’important n’est pas d’être parfait, mais d’oser avancer malgré les échecs. De quoi se souvenir, à l’occasion de la Fête de la musique, de lâcher les rênes…
