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Il y a 45 ans, ce péplum érotique interdit aux moins de 18 ans choquait les spectateurs

Sorti en France en juillet 1980, CALIGULA reste l’un des films les plus controversés de l’histoire du cinéma. Entre orgies non simulées, trahison en postproduction et scènes coupées par la censure, ce péplum porté par Malcolm McDowell, Peter O'Toole et Helen Mirren a provoqué un tollé mondial. 45 ans plus tard, une version restaurée permet enfin de découvrir ce que le film aurait dû être. Elle est disponible sur CINE+OCS avec CANAL+.

CALIGULA : une fresque démente née du chaos

Au départ, l’idée paraît simple : raconter l’ascension et la chute de Caligula, empereur romain réputé pour sa folie et sa cruauté. Mais entre le scénario de Gore Vidal, la mise en scène de Tinto Brass, le casting prestigieux (Malcolm McDowell, Helen Mirren, Peter O’Toole) et l’argent de Bob Guccione, patron de Penthouse (une revue X), tout explose.

Le tournage, prévu sur 16 semaines, en dure 24. 300 techniciens, des milliers de figurants, 200 000 mètres de pellicule… mais aucune cohésion artistique. Les décors ne sont pas terminés à temps, les incidents se multiplient : un garde blessé à l’épée, une figurante attaquée par un molosse de combat, et même des scènes tournées dans des conditions jugées inacceptables aujourd’hui. L’un des faits les plus révélateurs ? Tinto Brass, lors d’une séquence d’orgie, va jusqu’à mimer une pratique sexuelle devant l’équipe pour “guider” les figurantes.

Mais c’est en postproduction que la situation bascule. Guccione, insatisfait, écarte Tinto Brass et tourne en cachette des scènes pornographiques explicites, intégrées au montage final sans l’accord des acteurs. Résultat : un objet hybride, à mi-chemin entre le péplum, le film d’auteur et la production érotique hardcore, ce qui vaut au film d'être interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie au cinéma en France le 2 juillet 1980.

Ainsi, CALIGULA sort dans un scandale mondial, et est interdit dans plusieurs pays, puis amputé dans d’autres. C'est un succès commercial malgré tout, mais une déroute artistique pour ses créateurs, dont Tinto Brass, qui reniera le film en le qualifiant de “film de cul, luxueux, certes, mais vulgaire”.

CALIGULA : THE ULTIMATE CUT : une version pour corriger l’Histoire

CALIGULA : THE ULTIMATE CUT disponible sur CINE+OCS avec CANAL+, tente de reconstituer le film tel qu’il aurait pu être sans l’intervention de Guccione. Dirigée par l’archiviste Thomas Negovan, cette version restaurée dure environ 3h, supprime les ajouts pornographiques post-tournage, et rétablit la narration originelle.

On y découvre notamment une séquence d’ouverture animée par Dave McKean, des éléments du scénario jamais tournés initialement, une colorimétrie retravaillée et un nettoyage sonore complet grâce à l’intelligence artificielle. L’objectif : restituer la vision originale, centrée sur la paranoïa du pouvoir, la corruption morale, et la chute d’un homme isolé dans sa folie.

Ce montage replace CALIGULA dans une perspective plus politique que pornographique. On y perçoit le projet initial d’une fresque baroque sur la décadence impériale, inspirée du théâtre antique, portée par des comédiens au sommet. Le film redevient une œuvre de cinéma, avec ses failles et sa grandiloquence, mais sans la dissonance grotesque du montage de 1980.

Alors après avoir visionné GLADIATOR II, si vous désirez rester encore un peu dans les arcanes de Rome, vous savez ce qu'il vous reste à faire.