LOVE ME TENDER : ce film basé sur une histoire vraie dispo sur CANAL+ va vous bouleverser
Présenté dans la sélection Un Certain Regard à Cannes en 2025, LOVE ME TENDER suit le combat d’une mère à qui l’on retire son enfant après qu’elle a révélé son homosexualité à son ex-compagnon. Un drame poignant porté par Vicky Krieps, qui s’attaque à un sujet encore sensible : les préjugés entourant la maternité lesbienne.
Une mère jugée pour ce qu’elle est
Clémence (campée par Vicky Krieps) pensait pouvoir reconstruire sa vie. Séparée du père de son fils, elle lui annonce un jour qu’elle entretient désormais des relations amoureuses avec des femmes. Une confidence qui va provoquer un séisme. Son ex-mari décide alors de demander la garde exclusive de leur enfant, entraînant la jeune femme dans une bataille judiciaire aussi éprouvante qu’injuste.
Adapté du roman autobiographique de Constance Debré, LOVE ME TENDER met en lumière un tabou rarement abordé au cinéma : celui des discriminations que peuvent encore subir certaines mères lorsqu’elles s’éloignent du modèle familial traditionnel. Derrière le récit intime se dessine une réflexion plus large sur les préjugés, les normes sociales et la manière dont l’orientation sexuelle peut encore influencer le regard porté sur la parentalité.
Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Anna Cazenave Cambet a souhaité porter ce récit à l’écran. Dans une interview accordée au Festival de Cannes, la réalisatrice expliquait avoir été profondément touchée par le livre de Constance Debré : « Il était venu éclairer, dire de nouvelles choses sur la maternité, à un moment où je me posais moi aussi des questions sur mon identité de mère, de femme et d’autrice. » Un matériau intime et politique qui trouve aujourd’hui un écho particulièrement fort dans une société où les schémas familiaux continuent d’évoluer.
Un drame sur la liberté et l’amour maternel
Sous la direction d’Anna Cazenave Cambet, dont on avait découvert le travail avec l’impressionnant DE L’OR POUR LES CHIENS en 2020, le film évite brillamment le simple réquisitoire. Il s’intéresse avant tout au lien qui unit une mère à son enfant, malgré la distance, les décisions de justice et les manipulations qui peuvent s’immiscer dans une séparation conflictuelle.
Vicky Krieps, décidément l’une des actrices les plus brillantes de sa génération, y livre une performance bouleversante, incarnant une femme à la fois fragile, déterminée et profondément libre. Pour trouver son interprète, la cinéaste recherchait une présence physique très particulière. « Je voulais un personnage qui soit un mélange entre une immense douceur, une fragilité à fleur de peau et une droiture, une force », expliquait-elle à Cannes. « Dès le premier jour de tournage, il n’y avait plus aucun doute : Vicky était devenue Clémence. »
Plébiscité lors de sa présentation à Cannes l’an dernier, LOVE ME TENDER interroge ainsi un autre sujet délicat : la difficulté pour une femme de concilier toutes les facettes de son identité. Mère, amante, ex-épouse, femme indépendante… Clémence refuse de choisir entre ces rôles et c’est précisément cette quête de liberté qui fait du film l’un des récits les plus marquants et les plus actuels du cinéma français récent. Le long métrage raconte finalement le combat d’une femme qui refuse de voir sa liberté lui être reprochée.
Et pour ne rien gâcher, la cinéaste a réuni un casting particulièrement séduisant autour de Vicky Krieps. On retrouve ainsi Antoine Reinartz dans le rôle de l’ex-mari, Monia Chokri, Park Ji-min, Julien de Saint Jean, Salif Cissé ou encore Féodor Atkine. Une distribution éclectique au service d’un drame sensible et lumineux à découvrir sur CANAL+.
