“Ils l'ont passé à tabac” : le tournage choc de ce film avec Denzel Washington sorti il y a 22 ans
MAN ON FIRE (2004) est l’un des meilleurs films du duo Denzel Washington / Tony Scott. Disponible sur CANAL+, ce thriller d’action a connu un tournage tendu au Mexique, marqué par des risques de kidnapping et une agression glaçante lors des repérages.
MAN ON FIRE : entre kidnapping et menaces de mort
Près de dix ans après USS ALABAMA (1995), Tony Scott et Denzel Washington se sont retrouvés en 2004 pour l’excellent MAN ON FIRE (qui a récemment donné lieu à une série Netflix). L’acteur y incarne John Creasy, un ancien agent de la CIA, dépressif et suicidaire, engagé comme garde du corps auprès d’une famille aisée de Mexico.
Sa mission est d’assurer la sécurité de la jeune Pita dans une ville où les enlèvements sont fréquents. La petite fille est interprétée par Dakota Fanning, dont c’était l’un des premiers grands rôles au cinéma.
Tiré du roman L'Homme de feu de Philip Nicholson (déjà adapté par Élie Chouraqui en 1987), MAN ON FIRE se permet quelques changements par rapport à l'œuvre d’origine. En effet, si le livre se déroule en Italie et voit le héros faire face à la mafia locale, Tony Scott a préféré transposer son récit au Mexique.
Un choix pertinent puisqu’à l’époque les enlèvements étaient nombreux dans le pays. Dès lors, tourner dans un tel environnement représentait un véritable danger pour une grosse production hollywoodienne.

Un tournage extrêmement dangereux
Très vite, des membres de l’équipe de tournage ont reçu des menaces de kidnapping, obligeant la production à renforcer la sécurité et à engager parfois plusieurs gardes du corps pour une seule personne. L’actrice Radha Mitchell en avait par exemple trois à son service. Denzel Washington, quant à lui, devait être systématiquement escorté lors de ses déplacements entre sa loge et le plateau.
Comme le raconte le podcast CRWN Cinema, des vols de véhicules ont également été commis par des hommes armés de pistolets-mitrailleurs. Mais le plus inquiétant s'est déroulé peu de temps avant le début des prises de vues, lors des repérages effectués par Tony Scott.
Accompagné de trois assistants et d’un garde du corps, le cinéaste se trouvait dans un quartier de Mexico lorsqu’une vingtaine d’individus s’est approchée d’eux pour les encercler. Le garde du corps a alors sorti son arme dans l’espoir de les disperser, mais sa tentative a provoqué l'effet inverse.

Tony Scott évite un drame de justesse
Un policier est d’abord intervenu en demandant ses papiers au garde du corps. Mais ensuite la foule hostile s’en est prise aux deux hommes :
Ils l'ont passé à tabac. Ils ont également roué de coups le policier. (...) Pendant que le garde du corps se faisait battre, le policier a réussi à ramper jusqu'à sa voiture et à s'enfuir.
Le garde du corps a été frappé avec une arme avant qu’on lui mette un t-shirt sur la tête et un pistolet sur la tempe. Pendant ce temps, Tony Scott et ses assistants sont parvenus à s’enfuir par une passerelle. Mais les assaillants les ont poursuivis et ont menacé de tuer le garde du corps s’ils ne revenaient pas sur leurs pas. Le réalisateur a alors fait demi-tour et est parvenu à négocier et calmer la situation (très probablement en leur donnant de l'argent, bien que les détails ne soient pas racontés).
Malgré cet événement traumatisant, Tony Scott a lancé le tournage de MAN ON FIRE une semaine plus tard. Face à ce climat délétère, le cinéaste a travaillé de la manière la plus efficace possible. Cette urgence permanente a finalement permis d'insuffler une énergie brute au film, retranscrivant à la perfection l’ambiance chaotique de la ville.
