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Josh Hartnett s’est livré à une expérience très particulière pour cette comédie érotique sortie il y a 24 ans

Disponible sur Ciné+ OCS avec CANAL+, 40 JOURS ET 40 NUITS voit Josh Hartnett se priver de tout rapport sexuel pour se reconstruire émotionnellement. Une expérience d'abstinence que l’acteur a tenté de reproduire durant le tournage.

40 JOURS ET 40 NUITS : une comédie romantique à l’opposé d’AMERICAN PIE

À la fin des années 1990 et au début des années 2000, les comédies axées sur la sexualité des adolescents et jeunes adultes ont déferlé à Hollywood. Bien sûr, des œuvres comme PORKY'S (1981), ÇA CHAUFFE AU LYCÉE RIDGEMONT (1982) ou même RISKY BUSINESS (1983) avaient déjà vu le jour. Mais sous l’impulsion d’AMERICAN PIE (1999), les teen movies ont pris une tournure plus explicite, volontairement trash, voire carrément vulgaire.

Bien qu’il coche les cases commerciales du genre, 40 JOURS ET 40 NUITS (2002) reste un film à part dans ce paysage. Car si la plupart des productions de l'époque mettaient en scène des personnages masculins prêts à tout pour séduire la gent féminine (et ainsi perdre leur virginité), l'intrigue va ici à l’opposé.

On y suit Matt (Josh Hartnett), un jeune homme de 28 ans qui ne s’est pas remis d’une rupture amoureuse. Six mois après, il continue d’enchaîner les histoires d'un soir pour tenter d’oublier son ex.

Lassé de ce quotidien, il décide de se lancer dans une abstinence totale pendant 40 jours et 40 nuits dans l’espoir de se reconstruire. C’était sans compter sur une nouvelle rencontre durant cette période : Erica (la très charismatique Shannyn Sossamon), dont il tombe éperdument amoureux.

Josh Hartnett a lui aussi tenté l’abstinence sexuelle

À l’origine du film, le scénariste Robert Perez expliquait s’être inspiré de sa propre vie après avoir eu le cœur brisé. Devenu ami avec Josh Hartnett, l’auteur lui avait raconté son abstinence comme un exploit personnel, ce dont s’amusait l’acteur lors d'une interview accordée à Variety en 2024 :

Il m’a dit qu’il l’avait fait lui-même, alors que bon, qui s’en soucie ? Ce n’est pas si important, mais à l’époque il en faisait tout un plat, comme si c’était une expérience mystique qu’il avait vécue.

Si avec le recul le comédien a trouvé cela un peu ridicule, pendant le tournage, il a lui aussi décidé de tenter l’expérience, mais avec nettement moins de succès. L’acteur, alors âgé de 23 ans, n'aurait tenu que deux semaines et demie. Une performance jugée tout à fait honorable par le réalisateur Michael Lehman lors d'une séance de questions/réponses :

Josh m'a dit au début qu'il allait arrêter toute relation sexuelle, et je lui ai répondu : "Ouais, tu vas tenir cinq jours." Il m'a affirmé avoir tenu deux semaines et demie. Pas mal pour un beau garçon à cet âge-là !

Ce qu’il faut retenir du film

Forcément marquée par son époque, cette comédie n’échappe pas à certains passages datés s'appuyant sur des stéréotypes de fantasmes masculins. Cependant, le scénario propose une inversion des rôles intéressante. En refusant tout contact physique avec Erica, Matt déstabilise profondément la jeune femme. Le film interroge ainsi la norme du désir masculin et l’équilibre à trouver dans une relation saine.

Le long-métrage met toutefois en scène l’agression sexuelle du protagoniste par son ex-petite amie (lorsqu'il est menotté à son lit et endormi) sans jamais en mesurer la gravité. La séquence servant uniquement de rebondissement à l’intrigue, alors qu’elle devrait interroger la notion de consentement masculin. 

Enfin, à une époque où la sexualité commençait à être fortement influencée par l'accès généralisé à la pornographie sur Internet, 40 JOURS ET 40 NUITS rappelait avec fraîcheur que l’amour ne se résume pas au sexe, le tout sans jamais tomber dans un discours puritain.