JOUER AVEC LE FEU : ce film avec Vincent Lindon est-il basé sur une histoire vraie ?
Disponible sur CANAL+ le 23 septembre, JOUER AVEC LE FEU des soeurs Coulin suit un père et ses deux fils, dont l’aîné glisse vers l’extrême droite. Le film est-il basé sur des faits réels ?
JOUER AVEC LE FEU : du roman au film
Le film JOUER AVEC LE FEU est signé par Delphine et Muriel Coulin, deux réalisatrices déjà remarquées avec 17 FILLES et VOIR DU PAYS. Pour ce nouveau long métrage, elles se sont tournées vers le roman CE QU’IL FAUT DE NUIT de Laurent Petitmangin, publié en 2020 et couronné de plusieurs prix littéraires.
L’intrigue : Pierre, un père veuf, élève seul ses deux garçons. L’un, Louis, brille dans ses études et part vers de nouveaux horizons. L’autre, Fus, se radicalise peu à peu et rejoint un groupe d’extrême droite. Cette fracture idéologique devient une fracture intime, jusqu’à menacer l’équilibre du foyer.
Pour incarner cette histoire, les sœurs Coulin ont réuni un excellent trio d’acteurs. Vincent Lindon, Benjamin Voisin et Stéphane Crépon. Le film a été présenté en compétition à la Mostra de Venise 2024, lors de laquelle Vincent Lindon a remporté la Coupe Volpi du meilleur acteur.
Mais JOUER AVEC LE FEU est-il basé sur une histoire vraie ? La réponse est claire : non, ce n’est pas une reconstitution d’un fait divers précis. Mais le film tire sa force d’une proximité avec la réalité.
En effet, le scénario s’appuie sur le roman de Laurent Petitmangin, dont l’auteur expliquait lui-même qu’il avait voulu raconter une histoire universelle, née de l’observation de son environnement. L’ombre de la désindustrialisation, le sentiment d’abandon politique et la montée de la colère sont des éléments familiers à de nombreuses régions françaises.
Une fiction qui touche au réel
Les réalisatrices ont voulu traiter la radicalisation d’un jeune vers l’extrême droite, un angle quasiment absent du cinéma français : depuis 15 ans, de nombreux films se sont penchés sur la radicalisation islamiste, mais très peu ont montré ce qui se passe du côté des mouvances identitaires. Pour elles, ce silence posait problème. Adapter le roman de Laurent Petitmangin leur permettait de combler ce manque, tout en restant au plus près d’un drame familial.
Le réalisme de JOUER AVEC LE FEU tient davantage à leur méthode de travail. Les réalisatrices racontent avoir longuement observé et documenté les milieux où s’expriment ces idéologies, en citant par exemple des films documentaires comme La Cravate ou Carnets 88. Elles ont voulu restituer non pas un cas unique, mais une atmosphère : celle d’une France où une génération se sent déclassée, abandonnée par la politique, et trouve refuge dans les discours radicaux. « Aux présidentielles de 2012, la majorité de cette région votait à gauche, aux européennes de 2024, elle a voté RN », rappelait Muriel Coulin. Cette bascule collective, elles ont choisi de l’incarner dans une cellule familiale.
Côté casting, Vincent Lindon a été pensé dès le départ pour le rôle du père. Les sœurs Coulin expliquent qu’elles voulaient son mélange de pudeur et de force intérieure pour donner de l’épaisseur au personnage. Quant à Benjamin Voisin et Stefan Crepon, leur complicité hors tournage (ils ont même vécu ensemble en colocation) a nourri leur relation de frères à l’écran.
Enfin, la mise en scène cherche constamment la vérité émotionnelle. Les réalisatrices insistent sur l’importance des silences, des regards, de ces « non-dits » qui structurent une famille. Elles expliquent avoir filmé les repas et les scènes domestiques comme des moments où la tension affleure par petites touches, sans discours démonstratif. L’idée n’était pas de faire un film politique frontal, mais de montrer comment l’idéologie s’infiltre dans l’intimité.
