L’AGENT SECRET : Vous ne devinerez jamais où le scénario de ce film multi-récompensé a été écrit…
Récompensé au Festival de Cannes en 2025 et porté par un Wagner Moura exceptionnel, L’AGENT SECRET s'est assurément imposé comme l'un des grands films de 2025… et, n’ayons pas peur des mots, de cette décennie. Mais derrière ce thriller politique (et fantastique) profondément ancré dans l'histoire du Brésil se cache une anecdote étonnante : son scénario n'a pas été écrit à Recife, où se déroule l'intrigue, mais beaucoup plus près de chez nous…
Un thriller politique porté par un casting de premier plan
En 1977, alors que le Brésil vit sous la dictature militaire, Marcelo (Wagner Moura) revient à Recife avec un seul objectif : retrouver son jeune fils et tenter de reconstruire sa vie. Mais, rapidement, son passé (un brin chargé, disons-le) le rattrape. Pris dans un dangereux engrenage, où se met notamment en place une filature pas piquée des hannetons, Marcelo comprend que la ville qu'il pensait connaître s'est transformée en un piège à ciel ouvert. Malgré son titre, L'AGENT SECRET est en réalité moins un film d'espionnage qu'un thriller politique où se mêlent suspense, devoir de mémoire et critique du régime militaire.
Signé Kleber Mendonça Filho, que l'on connaissait (et adulait) déjà pour AQUARIUS (2016) ou BACURAU (2019), L'AGENT SECRET réunit Wagner Moura (NARCOS, CIVIL WAR), Maria Fernanda Cândido, Gabriel Leone, Alice Carvalho, Carlos Francisco ou encore le légendaire Udo Kier, disparu récemment. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, il a valu le Prix de la mise en scène à Kleber Mendonça Filho mais aussi le Prix d'interprétation masculine (amplement mérité) à Wagner Moura.
Un scénario imaginé dans un cinéma français
Derrière l'excellence du scénario et la virtuosité du résultat final, une anedote vaut le coup d'être racontée et partagée. En effet, si toute l'histoire de L'AGENT SECRET est imprégnée de la ville brésilienne de Recife, la majeure partie du scénario a été écrite à Bordeaux, où Kleber Mendonça Filho séjournait il y a quelques années avec sa compagne, la productrice française Émilie Lesclaux. Le cinéma Utopia lui avait même prêté un petit bureau installé dans la tour de l'ancien édifice religieux qui abrite aujourd'hui les salles obscures. Pendant près d'un an, le cinéaste s'y rendait chaque jour à vélo pour écrire.
Dans un entretien accordé à Tsounami, il raconte : « Pendant près d'un an, je me suis rendu tous les jours à vélo à l'Utopia, le matin et l'après-midi. (…) Je me connectais au site de la Bibliothèque nationale de Rio de Janeiro (…) Je passais des heures à explorer le passé de Recife et du Brésil. C'est assez paradoxal : le scénario se déroule à Recife et je l'ai écrit à Bordeaux, mais j'étais au Brésil au travers des archives. » Le réalisateur précise toutefois avoir également rédigé une partie du scénario à Recife, notamment pendant la pandémie. Ce travail d'archives minutieux explique en grande partie l'authenticité de la reconstitution historique et la richesse des détails qui traversent le film.
