ALERTE ROUGE EN AFRIQUE NOIRE, OSS 117 au rapport !

Posté par Marc Larcher le 31 mars 2022
Avec le 3e volet, ALERTE ROUGE EN AFRIQUE NOIRE, l’agent secret français le plus nul revient semer la zizanie. Cette fois-ci, il doit aider un dictateur à mater un groupe de rebelles.
La franchise la plus drôle du cinéma français

Il revient ! Son sourire béat, son regard égrillard, son costume impeccable et son mélange grossier d’arrogance et de stupidité n’ont pas changé d’un iota. Pour la troisième fois, Hubert Bonisseur de la Bath – mine de rien, peut-être le meilleur nom de l’histoire du cinéma français – revient au chevet de la France ou plus exactement au chevet des intérêts de la France en Afrique, de la Françafrique donc. Avec cette fois, un coéquipier de marque, OSS 1001, jeune agent interprété par Pierre Niney, qui le ringardise encore un peu plus.

Un catalogue de répliques cultes

Ce mois-ci, CANAL + a sorti les grands moyens pour diffuser le dernier opus de la franchise, OSS 117 : ALERTE ROUGE EN AFRIQUE NOIRE de Nicolas Bedos (2021) en y ajoutant les deux volets précédents, celui, fondateur OSS 117 : LE CAIRE, NID D’ESPIONS (2006) et la suite, toujours de Michel Hazavanicius OSS 177 : RIO NE REPOND PLUS (2009). C’est l’occasion de retrouver une formule imparable : un véritable film d’espionnage qui peut se regarder quasiment intégralement au second degré puisque son héros avance dans le récit sans comprendre la portée de ses actes. Autre aspect délicieux, les trois films dressent derrière la caricature une critique de fond de la France des années 1950, 1960 et 1970 quand le pays et ses élites étaient encore persuadés d’être une superpuissance, sans voir leur décalage total avec la réalité. Le coup de génie, c’est de faire incarner ce décalage par un personnage foireux interprété par Jean Dujardin qui trouve là un de ses meilleurs rôles. Celui qui lui donne en tout coup un registre extrêmement large : jeu de mots, grimaces, cascades (la scène de l’hélicoptère dans le 3e volet…), mime, bagarres, tir… Et des répliques de choix : « Parfait, le temps d’enfiler mon costume colonial... Euh, blanc… Non, clair, mon costume clair… » ;  « Les Africains sont joyeux, sympathiques, ils dansent bien… Très bonne analyse Hubert… », « Comment vous appelez un pays qui a comme président un militaire avec les pleins pouvoirs, une police secrète, une seule chaîne de télévision et dont toute l’information est contrôlée par l’Etat ? J’appelle ça la France, mademoiselle. Et pas n’importe laquelle, la France du général de Gaulle » ; « Une dictature, c’est quand les gens sont communistes. Déjà, ils ont froid, des chapeaux gris et des chaussures à fermeture éclair »… La liste est sans fin.

L’anti-James Bond

Le troisième volet va encore plus loin que les deux premiers dans la mesure où il s’attaque à un des tabous de la politique française : les manigances de l’Etat avec les potentats africains, la culture de la colonisation et le racisme au centre de celle-ci. En cela, OSS 117 prend une nouvelle fois à revers toute l’imagerie de son modèle britannique, James Bond. Car si 007 a développé au fil des années et des interprètes une certaine ironie avec son propre personnage, jamais avec le MI6 qui l’emploie, l’Etat anglais ou la Reine d’Angleterre. En cela, OSS 117, autre mâle alpha aussi ringard soit-il, a quelques décennies d’avance et de déconstruction sur lui. Sauf qu’il ne le sait pas…

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