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LA BELLE ÉPOQUE : la douce nostalgie selon Nicolas Bedos

Nicolas Bedos permet à Daniel Auteuil de revivre l’un des plus beaux moments de sa vie dans LA BELLE ÉPOQUE, sélectionné par CANAL+ pour le Film Good Festival. Un long-métrage émouvant où les souvenirs soulignent l’importance de vivre au présent, et où la mise en scène devient plus forte que la réalité.
Posté par Kevin Romanet le 28 décembre 2020
LA BELLE ÉPOQUE : dans les souvenirs d’un couple en perdition

Qui ne rêverait pas de revivre l’une des plus belles pages de sa vie, ou d’être plongé dans une lointaine époque fantasmée ? Cette question marque le point de départ de LA BELLE ÉPOQUE, deuxième film de Nicolas Bedos où se mêlent vaudeville, amour à la dérive et madeleines de Proust libératrices.

Dans ce long-métrage récompensé par trois César, dont ceux de Meilleur scénario original et Meilleure actrice dans un second rôle pour Fanny Ardant, la comédienne incarne Marianne, une psychologue qui ne supporte plus Victor, son mari blasé. Lorsqu’elle le met à la porte, ce dernier décide de profiter d’un cadeau offert par leur fils. 

Grâce à l’entreprise Les Voyageurs du temps, Victor a la possibilité d’être propulsé dans la période de son choix. Si des clients se rêvent en Marie-Antoinette ou choisissent de converser avec Ernest Hemingway, Victor préfère quant à lui revivre sa rencontre avec son épouse. Bercé par une mise en scène pointilleuse, le dessinateur vieillissant tombe amoureux du souvenir fictif de sa femme, joué par Doria Tillier.

Avec LA BELLE ÉPOQUE, Nicolas Bedos s’interroge sur le rapport à la nostalgie en récréant une partie des années 70, que ses parents lui ont racontées et à laquelle il s’intéressait déjà avec MONSIEUR & MADAME ADELMAN. Difficile d’ailleurs de ne pas penser au regretté Guy Bedos à travers les répliques cinglantes de Victor, formidablement interprété par l’émouvant Daniel Auteuil. Le cinéaste se projette quant à lui dans le personnage de Guillaume Canet, le dirigeant un brin mégalo et tyrannique des Voyageurs du temps, traité avec autodérision.

Quand la mise en scène dépasse la réalité…

En imbriquant plusieurs récits dans une narration à tiroirs avec une précision horlogère et en multipliant les reconstitutions, Nicolas Bedos décortique le concept de mise en scène. Le réalisateur n’est pas le premier à s’essayer à cet exercice périlleux. Peter Weir a par exemple livré l’une des références en la matière avec THE TRUMAN SHOW, où Jim Carrey découvre avec désespoir qu’il est le héros d’une télé-réalité.

Avec THE GAME, David Fincher manipule le spectateur et surtout Michael Douglas dans une ambiance hitchcockienne, en lançant l’acteur dans un jeu délicieusement pervers aux règles non définies. À l’instar de Victor dans LA BELLE ÉPOQUE, le riche avocat qu’il interprète sort de sa torpeur en acceptant les services d’une entreprise douteuse, qui le propulse dans une partie hautement risquée. Les deux films parlent également de transmission et de réconciliation avec sa famille, le second avec davantage de tendresse que le premier.

Dans MONDWEST de Michael Crichton, qui servira de base à la série WESTWORLD, des clients d’un parc d’attraction hors du commun peuvent être envoyés à l’époque médiévale, romaine ou dans le Far West, où ils risquent de croiser un inquiétant cow-boy robotique incarné par Yul Brynner. Enfin, dans la série L’ÎLE FANTASTIQUE, les visiteurs du petit coin de paradis tenu par Mr. Roarke ont la possibilité d’exaucer leurs désirs les plus fous. Des désirs qui, dans LA BELLE ÉPOQUE, concernent avant tout le besoin de retrouver l’être aimé.

LA BELLE ÉPOQUE, disponible sur CANAL+ dès le 1er janvier dans le cadre du Film Good Festival

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