LA FIN D'OAK STREET : on a vu le film de dinosaures avec Anne Hathaway, ça va surprendre !
Après IT FOLLOWS et UNDER THE SILVER LAKE, on n’attendait franchement pas David Robert Mitchell à la tête d’un grand film familial avec Anne Hathaway, Ewan McGregor… et des dinosaures. Produit par J.J. Abrams, LA FIN D’OAK STREET ressemble à une improbable rencontre entre le cinéma Amblin des années 80 et JURASSIC PARK. Un virage étonnant qui trouve en réalité ses racines dans l’enfance du cinéaste.
LA FIN D'OAK STREET : c'est quoi ce nouveau film de dinosaures ?
L’histoire de LA FIN D'OAK STREET est celle d’un quartier d’une banlieue populaire américaine comme on en a vu des dizaines dans les films produits par Amblin, la société de production de Spielberg, dans les années 80. La Oak Street du titre pourrait tout aussi bien se trouver dans un GOONIES, GREMLINS, RETOUR VERS LE FUTUR ou encore HARRY ET LES HENDERSON (moins connu mais passionnant, jetez-y un œil…), mais ce Oak Street-là vient de se faire arracher de son espace-temps pour se retrouver en pleine préhistoire.
La flore et surtout la faune des environs deviennent tout d’un coup bien plus menaçantes. Pour la famille Platt, ça crée quelques soucis inattendus. Oubliez les problèmes de couple des parents, la crise existentielle de la maman (Anne Hathaway), le chômage du papa (Ewan McGregor), l’adolescence compliquée du petit frère ou de la grande sœur… Les problèmes à affronter maintenant s’appellent Vélociraptors, Ptéranodons, Tricératops, Spinosaurus ou encore Tyrannosaures Rex... Les rues sont envahies de dinosaures de toutes sortes. Il va falloir survivre...
Le nouveau film de David Robert Mitchell (IT FOLLOWS, UNDER THE SILVER LAKE) n’est pas un blockbuster comme les autres. C’est un drôle de film qui ressemble à une production Amblin (le studio créé par Steven Spielberg qui, à l’époque, se spécialisait dans le fantastique adolescent NDLR), mais tendance JURASSIC PARK avec dinosaures fornicateurs et défécateurs dedans et pourtant très familial, situé logiquement dans les années 80. C’est toujours un poil décalé, super fun, bon enfant et très inattendu.
L’idée est née dans l’esprit de David Robert Mitchell, réalisateur dont on n’attendait franchement pas un blockbuster aussi, pardonnez-moi le néologisme, « Amblinien ». Avec IT FOLLOWS, Mitchell s’annonçait comme un indépendant du fantastique aux tendances « carpenteriennes », avec UNDER THE SILVER LAKE, son cinéma semblait beaucoup plus « Lynchien », OAK STREET le présente comme un pur « Spielbergien ». La surprise est plaisante.
« Je veux essayer toutes sortes de films », nous confirmait-il lors d’une interview récoltée sur le tapis rouge (pardon vert) du film. « Faire du cinéma, c’est explorer toutes les idées possibles, toutes les avenues disponibles, tout en se posant des défis et en surprenant le public. J’adore faire ça. Je tiens à continuer à le faire ».

Après IT FOLLOWS, THE DINO FOLLOWS
Sûr que son public risque d’être – agréablement – surpris par le virage préhistorique que prend sa carrière. Mais pour David Robert Mitchell, ça n’a rien d’étonnant, comme il l'a confié à notre micro :
Quand j’étais enfant, mon père était obsédé par les dinosaures. J’ai regardé énormément de films de dinosaures avec lui. Il travaillait chez Chrysler, mais il avait rêvé de devenir paléontologue. Du coup, j’ai toujours eu en tête l’envie de faire mon propre film de dinosaures, sans vraiment savoir ce que cela voulait dire. Il fallait que ce soit quelque chose de personnel. Puis, il y a quelques années, l’idée m’est venue. Je me promenais dans mon quartier, je passais devant un garage dans une ruelle et je me suis simplement demandé : « Et s’il y avait un dinosaure juste là ? » Je l’imaginais en train de fouiller tranquillement dans les poubelles. L’image est restée, ce mélange du fantastique et du quotidien, l’idée de voir ces grands animaux préhistoriques dans un environnement où nous nous sentons en sécurité et à l’aise, les imaginer buvant dans une piscine ou passant à côté d’une balançoire... Cette collision entre ces univers m’intéressait. L’idée a fait son chemin.
Mitchell écrit donc le scénario et le propose à celui qui deviendra le producteur de LA FIN D’OAK STREET : JJ Abrams (réalisateur d’un MISSION IMPOSSIBLE, de deux STAR TREK et surtout de deux STAR WARS). Le choix est logique, tant Abrams est fasciné par Spielberg et les productions Amblin des années 80. Il n’y a qu’à se remémorer son SUPER 8 de 2011 (de loin, son meilleur film), c’est toujours le plus bel hommage jamais fait à ce cinéma-là.
La collaboration semble donc évidente. « Ça s’est fait très simplement avec David », raconte JJ. « J’ai lu le scénario et je l’ai adoré ; il avait un certain je-ne-sais-quoi. C’était drôle, effrayant, tendre, et le film avait énormément de cœur. C’était un film que j’avais envie de voir. J’ai essayé d’aider David autant que possible, mais il n’avait pas besoin de grand-chose, à part de quelques mises en relation ». Avoir les contacts de JJ Abrams, ça aide... Ainsi, les dinosaures sont créés par la prestigieuse société d’effets spéciaux ILM et ils sont remarquables, la musique est assurée par l’oscarisé Michael Giacchino et Ewan McGregor et Anne Hathaway se retrouvent en haut de l’affiche. Un choix que ni l’un ni l’autre n’ont regretté.
Surtout pas l’actrice, si présente sur les écrans récemment. LA FIN D'OAK STREET est son 4ᵉ film sorti sur les écrans en trois mois (MOTHER MARY, LE DIABLE S’HABILLE EN PRADA 2 et, bien sûr, L’ODYSSÉE).
« Mais LA FIN D’OAK STREET est vraiment un film à part », précise une Anne enceinte et très classe en jean large et haut long qui découvrait son ventre rond. « David voulait faire quelque chose d’unique avec ce projet ; partir d’un concept tellement énorme qu’il peut presque sembler absurde au premier abord, tout en l’ancrant dans de véritables émotions humaines. Et je dois être honnête : je ne savais pas si nous allions réussir à le faire fonctionner, mais j’avais très envie d’essayer et je ne l’ai pas regretté ».
Nous aussi, on n’a pas regretté d’avoir rejoint les studios Warner dimanche dernier lors de cette avant-première pas comme les autres. Sur toute une partie du studio, Oak Street a été reconstitué, maisons détruites et dinosaures compris. Oui, vous avez bien lu, dinosaures compris. Il y en avait de toutes sortes, des petits, des grands, et même des très grands. Des petits, comme ce tout mignon parasaurolophus robot qui vous donnait la patte, des grands, comme ces vélociraptors robots qu’il fallait battre à la course, ou des très grands comme un splendide T-Rex en animatronic qui bougeait et hurlait sans cesse.
Un dimanche à Hollywood...
