Laure Calamy, un second rôle de premier plan

Posté par Rosario Ligammari le 19 Septembre 2019
Cela fait près de vingt ans qu'on reconnaît Laure Calamy à l'écran en tant que second rôle. La série Dix pour cent l'a faite connaître d'un plus grand public. Dans Mademoiselle de Joncquières, l'actrice s'impose face à Alice Isaaz, Cécile de France, Edouard Baer et Natalia Dontcheva.
Des seconds rôles à profusion

Qui est Laure Calamy ? Vous l'avez déjà vue quelque part, sans doute dans un long-métrage de Blandine Lenoir (Zouzou en 2014, Aurore en 2017) ou de Justine Triet (Victoria en 2012, Sibyl cette année), à moins que ça soit dans un court de Vincent Macaigne (Ce qu'il restera de nous en 2012). Vous l'avez peut-être applaudie au théâtre, dans une pièce mise en scène par Olivier Py (Au monde comme n'y étant pas, 2001) ou Jean-Michel Ribes (Le complexe des Thénardier de Thénardier de José Pliya, 2002). Autre possibilité : vous l'avez découverte dans la série à succès Dix pour cent (créée par Fanny Herrero et Dominique Besnehard, 2015-2018).

Cela fait bientôt vingt ans que Laure Calamy apparaît un peu partout et souvent, il faut le dire, dans des seconds rôles, y compris ceux qui ne portent pas de nom : dans A trois on y va (Jérôme Bonnell, 2015) elle est la « prévenue agressive » ; dans Aurore (Blandine Lenoir, 2017), elle est « la conseillère Pôle Emploi ». Mais chacune de ses apparitions marque. Ses mimiques, sa fougue décomplexée, son énergie débordante, son naturel, ses éclats de rire font que, si vous l'avez déjà vue, vous vous souvenez d'elle.

Le succès Dix pour cent

C'est en 2001 que Laure Calamy démarre en tant que comédienne, à la fois sur les planches et sur les écrans ; elle a un petit rôle dans Sauvage Innocence (Philippe Garrel), un film sur l'amour, la drogue et le cinéma. Depuis cela, elle alterne les deux avec une grande constance, à raison d'une moyenne de cinq films par an et d'au moins deux pièces. Ce sont ses rôles dans les courts-métrages qui lui offrent des récompenses : pour Un monde sans femmes (Guillaume Brac, 2012), elle reçoit le Prix Jeanine Bazin au Festival de Belfort ; pour La Contre-allée (Cécile Ducrocq, 2014), on lui décerne le Prix d'interprétation à Sundance.

Mais là où le grand public fait véritablement sa connaissance, c'est entre 2015 et 2018 avec Dix pour cent. En tant que Noémie, l'assistante éprise de son boss, elle y a un « second rôle » certes, mais un personnage qui s'impose au fil des épisodes et des saisons jusqu'à s'installer au premier rang sur la photo de groupe.

Cinéma d'auteur français

Parallèlement au succès de Dix pour cent, Laure Calamy se construit une filmographie cohérente à travers des choix de films d'auteurs français, qu'ils soient réalisés par Justine Triet donc ou par Alain Guiraudie (Rester vertical en 2017), ou même lorsqu'elle donne la réplique à Lætitia Dosch et Roman Duris (dans Nos Batailles de Guillaume Senez, 2018). L'an dernier, pour son interprétation dans Ava (de Léa Mysius, 2017), Laure Calamy est nommée aux César dans la catégorie... Meilleure actrice dans un second rôle.

Plus elle vieillit plus on lui propose des rôles intéressants, dit-elle, très attentive au développement des personnages féminins. Avec Emmanuel Mouret, elle ne risquait pas d'être déçue : le réalisateur et scénariste sait écrire des beaux rôles de femmes. Dans Mademoiselle de Joncquières (2018), où elle campe Lucienne, l'amie de Madame de La Pommeraye, Laure Calamy s'impose aux côtés notamment d'Edouard Baer et Cécile de France (qu'elle retrouve après En équilibre de Denis Dercourt en 2015), des personnalités qui occupent largement l'écran. Et c'est là sans doute sa plus grande force : en s'imposant comme second rôle, Laure Calamy est devenue, dans le paysage du cinéma français, une actrice principale.

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