Les Barbares, une comédie maline sur le vivre ensemble signée Julie Delpy
Julie Delpy reprend sa double casquette de réalisatrice-actrice et signe une comédie pleine de malice et d’intelligence sur l’apprentissage de la tolérance.
De Paimpont à la Syrie
Bouleversé par l’actualité de la guerre en Ukraine, un petit village breton décide de se mobiliser pour accueillir des réfugiés. Mais lorsque ces derniers débarquent, ils sont finalement Syriens, ce qui confronte les villageois à leurs préjugés et au véritable vivre ensemble… Julie Delpy retrouve la Bretagne de son film précédent pour livrer un récit aussi drôle que futé sur la géométrie variable de la tolérance. Au départ pensé comme un film sur la situation des réfugiés en Europe, LES BARBARES prend une direction différente lorsque la guerre en Ukraine éclate.
“Elle a eu pour effet très rapide de nous faire sauter aux yeux les différentes façons de traiter les gens” analyse la réalisatrice. “Nous avons alors élargi le champ en interviewant aussi des gens qui étaient braqués contre l’idée d’accueillir des réfugiés, afin de pouvoir intégrer ce ressenti à une dynamique de comédie. J’avais envie de décrire toute la palette du racisme, ses différents degrés, jusqu’à son inverse, la bienveillance ou la culpabilité.”

Rire, mais aussi alerter
Sous des dehors de comédie, LES BARBARES naît du sentiment d’urgence, mais aussi de l’optimisme de Julie Delpy face à la montée de la xénophobie partout dans le monde. “L’humain est sur une mauvaise pente. Mais, comme on dit, après l’orage, le beau temps. Ça risque juste de prendre beaucoup de temps, malheureusement, donc il faut rester vigilant” analyse-t-elle.
Pour autant, rappelle-t-elle, LES BARBARES n’est pas un film politique. En se concentrant sur un village et ses habitants, Julie Delpy tenait à documenter la nuance, les insécurités derrière les préjugés, et à livrer des personnages qui ne soient pas manichéens. “[Ce] n’est pas un film à message” explique-t-elle. “Il essaie simplement d’être honnête sur une situation actuelle qu’il ne faut ni minimiser ni diaboliser."

Casting de haute volée
Pour incarner ses villageois, July Delpy a réuni des comédiens de talent. Certains, comme Mathieu Demy, ou son père, Albert Delpy, sont des partenaires de longue date ; d’autres, comme Sandrine Kiberlain ou India Hair, sont des rencontres inédites.
Le film marque aussi sa première collaboration avec Laurent Lafitte. “[Je l’ai] rencontré lors d’un festival et j’ai eu la sensation qu’il serait parfait dans ce rôle de plombier, mais aussi qu’il saurait comprendre le scénario et qu’il s’amuserait aussi” explique la réalisatrice. Mission accomplie !




