Les films d’animation ont de beaux jours devant eux. On vous explique pourquoi !
FLOW, ARCO, IN WAVES… Depuis quelques années, les films d’animation ont la côte au cinéma, et prouvent que, loin d’être un genre confidentiel réservé aux enfants, l’image animée sait allier récit palpitant et poésie. Recette d’un succès qui ne fait que commencer.
Du réalisme à l’émotion : le retour d’un style incarné
Si elle a longtemps été associée aux enfants, depuis quelques années, l’animation fait son grand retour dans le cœur des spectateurs adultes au moyen de récits aussi touchants qu’inventifs. Ce renouveau des films animés s’explique en partie par une évolution stylistique ; si, depuis les années 2000, des studios comme Pixar privilégiaient une image en 3D lisse et réaliste, qui s’est imposée comme la norme à l’écran, les films d’animations assument aujourd’hui leurs traits plus variés, plus décalés, et in fine, plus personnels.
Aplats de couleurs, travail sur la matière via le papier découpé ou le stop motion, jeux de couleurs… Les films d’animation revendiquent désormais ouvertement leurs liens avec la bande dessinée, terrain d’expérimentation graphique par excellence dont ils sont parfois issus -de nombreux réalisateurs étant aussi auteurs de romans graphiques, à l’instar d’Ugo Bienvenu (ARCO). Le résultat ? Un style plus artisanal, qui fait la part belle à l’imperfection et à l’émotion.
Ainsi, loin de se faire simplement le support d’un récit, les films d’animation entendent aussi livrer une expérience sensorielle, dans laquelle l’image est mise à contribution pour susciter une réaction viscérale chez le spectateur. Une démarche qui se retrouve tout particulièrement du côté des court-métrages réalisés par d’anciens étudiants en art, à l’image du film DIEU EST TIMIDE (lauréat de plusieurs prix au festival d’Annecy et nominé aux César), dont le style angoissant et surréaliste sort tout droit de l’imaginaire de son réalisateur Jocelyn Charles, un illustrateur passé par les écoles Estienne, Boulles et par les Gobelins.

Le succès croissant de l’animation au box office
Ce tournant animé s’observe aussi directement au box office, où les films d’animation font un véritable carton. Si on se souvient du succès de PERSEPOLIS, l’adaptation de la bande-dessinée de Marjane Satrapi sortie au cinéma en 2007 et nominée pour l’Oscar du Meilleur film d’animation, de nombreuses productions ont depuis explosé tous les records et ont prouvé que l’animation était un genre tout à fait compétitif, apte à toucher un large public.
En 2024, FLOW, le long métrage de Gints Zilbalodis sur le parcours d’un petit chat noir dans un monde post-apocalyptique et submergé, défrayait ainsi la chronique après avoir séduit plus de 8 millions de spectateurs français, avant de remporter l’Oscar de sa catégorie. Un an plus tard, ARCO, un film d’animation fantastique et futuriste, réalisait lui aussi une belle prouesse en rassemblant plus de 150 000 personnes dès la semaine de sa sortie.
En 2026, l'animation continue de s’imposer sur grand écran en mélangeant allègrement sorties populaires -DES MINIONS ET DES MONSTRES, septième épisode de la franchise MOI, MOCHE ET MÉCHANT- et films intimistes plus indépendants, comme IN WAVES, le long-métrage de la réalisatrice Phuong Mai Nguyen adapté de la BD d’AJ Dingo, qui livre le récit touchant d’un couple de surfeurs confrontés à la maladie. Bref, une chose est sûre, il y’en a pour tous les goûts… Et ce n’est que le début.
