MARIA sur CANAL+ : Angelina Jolie a-t-elle vraiment appris à chanter pour le film ?
Le film MARIA de Pablo Larraín avec Angelina Jolie dans la peau de Maria Callas est disponible sur CANAL+. La comédienne prête ses traits et sa voix à la plus célèbre des sopranos et s’attaque, pour la première fois de sa carrière, à l’art lyrique. La question intrigue : a‑t‑elle vraiment appris à chanter pour ce rôle ?
Maria Callas par Pablo Larraín : la fin d'une trilogie
On retrouve dans MARIA le fil conducteur des précédents biopics de Pablo Larraín : après JACKIE sur Jacqueline Kennedy (porté par Natalie Portman) et SPENCER sur la princesse Diana (campée par Kristen Stewart), le cinéaste chilien clôt sa trilogie consacrée à des icônes féminines en filmant le chant du cygne de la « Divine » Maria Callas. Basé sur un scénario de Steven Knight, le film s’attache aux derniers mois de la cantatrice, recluse dans son appartement parisien à la fin des années 1970, confrontée au vieillissement de sa voix et aux regrets d’un amour perdu.
Le casting mêle acteurs européens et américains : Angelina Jolie incarne Maria Callas, Pierfrancesco Favino joue son confident Ferruccio, tandis qu’Alba Rohrwacher interprète Bruna, la gouvernante dévouée.
Le film revient sur la carrière éclatante de la diva grâce à de nombreuses séquences en flash‑back : on la voit sur scène dans Norma, Tosca ou Carmen, mais également dans son intimité, entre longues promenades nocturnes et conversations imaginaires avec ses proches disparus. C’est dans cette alternance que l’on perçoit la fragilité d’une artiste qui, au soir de sa vie, se demande si elle a sacrifié trop de choses à son art.
Angelina Jolie chante-t-elle vraiment dans MARIA ?
L’intrigue principale du film reste la voix : celle qui a fait la réputation de la Callas, et celle que l’actrice doit incarner. Dans un entretien au Los Angeles Times, Pablo Larraín expliquait qu’Angelina Jolie avait dû « mettre de côté sa peur personnelle et apprendre à chanter : pas pour égaler Callas mais pour convaincre le public de ce qu’il voit ».
De son côté, Angelina Jolie, qui n’avait jamais chanté en public, confiait qu’elle était persuadée ne pas savoir chanter. Pablo Larraín, amusé, a même cherché sur internet s’il existait une trace de sa voix. La préparation a donc été longue et intensive.
Pour ce faire, l’actrice a suivi 7 mois de cours auprès de l’expert vocal Eric Vetro et de professeurs d’opéra. Elle a pris des cours de chant, de diction et même d’italien. Angelina Jolie a révélé qu’elle avait dû réapprendre à respirer et à placer sa voix. Les séances de répétition étaient quasi quotidiennes : un piano l’accompagnait dans sa loge et elle poursuivait ses exercices le soir à l’hôtel. Mais la peur était réelle et lors des premières répétitions, elle a fondu en larmes tant la pression était forte.
Durant le tournage, Angelina Jolie portait une oreillette et chantait en direct, seule, devant les caméras et les figurants. Pablo Larraín raconte qu’il était impossible d’utiliser uniquement les enregistrements de la Callas car ça sonnait faux à l’image. C’est pourquoi le film mêle plusieurs sources : la voix d’Angelina Jolie a été enregistrée en plateau puis légèrement retravaillée, et des fragments de la voix de Callas ont été ajoutés au mixage. Le cinéaste explique que cette fusion crée « un juste milieu » entre la diva et l’actrice. Angelina Jolie interprète six airs d’opéra, tandis que des extraits originaux de Callas ponctuent certaines scènes.
Au final, l’actrice a pris ce défi comme un exercice d’empathie. Elle avoue que la musique lui a permis de mieux comprendre son personnage : « Il n’y a rien qui vous aide davantage à comprendre quelqu’un que de vous immerger dans son art et de ressentir la musique avec lui ».
