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Maya : filmer la vie après la guerre

Posté par Rosario Ligammari le 3 Mars 2020
Les films de guerre qui ont pour héros un grand reporter sont légion. A travers ce type de personnage, ces films proposent ainsi une perception des conflits mis en scène à la fois immersive et distanciée. Avec Maya, la réalisatrice Mia Hansen-Love s'intéresse plus particulièrement à la reconstruction d'un journaliste, revenu psychologiquement brisé de Syrie après avoir été pris en otage par Daesh.
Dans la peau d'un reporter de guerre

Prendre un reporter de guerre en tant que personnage principal permet de créer une passerelle évidente entre le documentaire et la fiction. Le fait de voir à travers ses yeux de journaliste donne une dimension d'authenticité, à la fois novice et spécialisée ; on découvre un monde à travers ses yeux d'explorateur critique.

C'est ainsi que peut se voir un long-métrage sorti il y a quelques semaines, Sympathie pour le diable (Guillaume de Fontenay, 2019). Le film suit un reporter de guerre à Sarajevo, le célèbre Paul Marchand. Ce journaliste s'est retrouvé au cœur de plusieurs conflits. Comme tous les biopics, le film est une reconstitution historique, en l'occurrence de la guerre, ce qui lui donne bien sûr une force d'archive documentaire.

La guerre à travers le regard journalistique

Un titre résume à lui seul la position du reporter de guerre au cinéma : Eyes Of War (Danis Tanovic, 2010). Ce long-métrage suit deux photographes de guerre irlandais partis au Kurdistan. L'un veut rester sur place pour s'emparer d'une image-choc qui lui permettrait d'accéder à la célébrité, comme les personnages du film Salvador (Oliver Stone, 1986) ; l'autre, à l'inverse, ne supporte pas la violence qui se déchaîne autour d'eux.

On peut citer encore Shot Of War (2010), réalisé par le documentariste Steven Silver, à propos de quatre photographes qui couvrent les dernières années de l'Apartheid en Afrique du Sud. Enfin, un film disons « théorique » comme Redacted (Brian De Palma) réfléchit à la perception de la guerre en Irak non seulement à travers les yeux des soldats mais aussi des journalistes, en mélangeant fiction et faux documentaire par le biais des images de surveillance.

Après la guerre

Être à la place d'un reporter de guerre pendant le conflit, c'est une chose ; mais se mettre à sa place après la guerre, c'en est une autre. De L'échelle de Jacob (Adryan Line, 1991) à Brothers (Jim Sheridan, 2009), pléthore de films mettent en scène des personnages traumatisés par la guerre, marqués à vie d'avoir perdu des proches ou d'avoir dû tuer.

Dans Maya (Mia Hansen-Love, 2018), il s'agit de la reconstruction d'un journaliste de guerre, soit quelqu'un qui l'a vue mais aussi, quelque part, vécue. Gabriel, interprété par Roman Kolinka (devenu l'acteur fétiche de Mia Hansen-Love) a été pris en otage en Syrie pendant quatre mois par Daesh. A sa sortie, il part se ressourcer dans sa maison à Goa en Inde. Si le personnage a du mal à retrouver le goût d'aimer, le film a une certaine tonalité apaisante. La patte de Mia Hansen-Love y est certainement pour beaucoup.

Maya, disponible dès le 14/03 sur CANAL+

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