Aller au menuAller au contenu principalAller à la recherche

MES JOURS DE GLOIRE, l’adulescence touchante de Vincent Lacoste

Posté par Alexis Lebrun le 22 février 2021
Pour son premier long-métrage, le réalisateur Antoine de Bary a écrit une histoire sur mesure pour son ami Vincent Lacoste, qui incarne dans MES JOURS DE GLOIRE un loser magnifique aussi drôle que touchant.
La chute de l’enfant star

Le passage à l’âge adulte est un moment on ne peut plus délicat. Et pour certains, ceux que l’on appelle les Tanguy ou les adulescents, il dure beaucoup plus longtemps que pour d’autres. C’est exactement ce que Vincent Lacoste incarne dans MES JOURS DE GLOIRE (2020) avec son personnage d’Adrien, un jeune acteur dont l’existence semble se déliter de tous les côtés. Après avoir connu le succès dans sa jeunesse en tant qu’enfant star dans quelques films, sa carrière est en chute libre et ses finances sont tellement mauvaises qu’il finit en interdit bancaire.

Ayant perdu les clés de chez lui, il retourne vivre chez ses parents et entrevoit de la lumière au bout du tunnel en participant à un film sur Charles de Gaulle, et surtout en se rapprochant d’une fille (Léa, jouée par Noée Abita) qui semble prête à commencer une relation avec lui. Mais victime d’une dépression, Adrien a toutes les peines du monde à répondre présent sur le front de son travail – où il est dépassé – et des relations intimes – où il est impuissant.

Un film plus sérieux qu’il n’y paraît

MES JOURS DE GLOIRE est évidemment d’abord une comédie très drôle, qui semble imaginée sur mesure pour Vincent Lacoste et son irrésistible dégaine nonchalante, qu’il a perfectionné depuis ses débuts dans une multitude de films qui reposent sur ce pilier. Il faut dire aussi qu’Emmanuelle Devos est hilarante en psy et maman invasive qui veut tout savoir sur les amours de son fils, et réussit à le faire douter sur son orientation sexuelle. Révélée dans AVA (Léa Mysius, 2017), la jeune Noée Abita apporte avec son personnage une touche de gaité très bienvenue, car MES JOURS DE GLOIRE est plus sérieux et grave qu’en apparence, ce que l’on réalise surtout dans sa dernière partie.

Au-delà de sa dépression et de son impuissance, le personnage d’Adrien illustre en effet la pression qui pèse dans notre société sur les jeunes qui entrent dans l’âge adulte. Le culte de la performance nous obnubile partout, de la vie professionnelle à la vie sexuelle, et on ne tolère pas le moindre grain de sable qui puisse venir ralentir voire empêcher notre quête de la perfection. Antoine de Bary et Vincent Lacoste ont donc la bonne idée de faire un rappel simple mais pourtant salvateur avec MES JOURS DE GLOIRE : on peut avoir des coups de moins bien, et il n’y a aucune honte à ne pas réaliser de grandes choses et à rencontrer des échecs, puisque cela arrive à presque tout le monde.

La folle décennie de Vincent Lacoste

C’est à peine croyable, mais cela fait déjà plus dix ans que l’acteur français a fait ses débuts au cinéma, dans ce qui reste peut-être son rôle le plus drôle : LES BEAUX GOSSES (Riad Sattouf, 2009). Vincent Lacoste rappelle régulièrement que c’est grâce à ce film qu’il est devenu acteur par hasard, et on remercie tous les jours Riad Sattouf de l’avoir choisi pour incarner le cultissime Hervé, ce collégien qui découvre avec douleur la drague et les filles. Car depuis, Vincent Lacoste s’est déjà forgé une filmographie impressionnante, alors qu’il qu’a encore que 27 ans ! Il collabore avec Julie Delpy dans LE SKYLAB (2011) et LOLO (2015), avant de briller dans des premiers rôles pour les deux films de Thomas Lilti sur le milieu médical, HIPPOCRATE (2014) et PREMIERE ANNEE (2018). Dans VICTORIA (Justine Triet, 2016), il se transforme en ancien dealer devenu baby-sitter de l’avocate jouée par Virginie Efira, puis commence à tourner récemment avec Christophe Honoré dans PLAIRE, AIMER ET COURIR VITE (2018) et CHAMBRE 212 (2019), où il partage l’affiche avec Benjamin Biolay et Chiara Mastroianni.

L’an dernier, on a aussi eu le bonheur de le voir faire un chantage à la sextape à la malheureuse Blanche Gardin dans EFFACER L’HISTORIQUE de Benoît Delépine et Gustave Kervern, duo avec qui il avait déjà travaillé sur SAINT AMOUR (2016) en compagnie de Gérard Depardieu et Benoît Poelvoorde. Et on garde un attachement particulier pour ses rôles dans CAMILLE REDOUBLE (Noémie Lvovsky, 2012) et surtout AMANDA (Mikhael Hers, 2018), où il émeut dans un registre dramatique, puisque son personnage doit faire le deuil de sa sœur tuée dans un attentat à Paris, tout en s’occupant de la fille de cette dernière. Peut-être son plus grand rôle tout court, et déjà sa quatrième nomination aux César. En attendant de pouvoir le retrouver cette année dans l’adaptation de Balzac ILLUSIONS PERDUES (Xavier Giannoli), il n’y aucun risque à dire que son armoire à trophées devrait se remplir très vite dans les années à venir.

------------------------------------------------------------------------------------------------------

Toutes les vidéos cinéma, films et émissions sont disponibles sur myCANAL

Suivez Cinéma Canal+ sur :

Facebook

Twitter

Instagram