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MOI QUI T’AIMAIS : les spectateurs ont été surpris par la scène d'introduction

Diane Kurys raconte la relation amoureuse et conflictuelle entre Simone Signoret et Yves Montand dans MOI QUI T’AIMAIS. La réalisatrice a fait un choix artistique fort en ouverture de son film, disponible sur CANAL+.

Le couple Simone Signoret et Yves Montand à l’écran

Habituellement, les biopics ont tendance à débuter par l’enfance du personnage central, ou nous emmènent directement à le voir dans l’élément pour lequel il est devenu célèbre. Il est beaucoup plus rare, voire inédit, d’ouvrir un film avec les comédiens en pleine préparation des rôles qu’ils s’apprêtent à incarner. C’est pourtant le choix audacieux qu’a fait Diane Kurys avec MOI QUI T’AIMAIS.

Après avoir raconté la romance entre George Sand et Alfred de Musset dans LES ENFANTS DU SIÈCLE (1999), puis la vie tumultueuse de Françoise Sagan dans SAGAN (2008), la cinéaste s’est intéressée à deux autres figures mythiques de la culture française : Simone Signoret et Yves Montand.

Dans son long-métrage, Diane Kurys concentre son récit sur une dizaine d’années pour filmer la passion destructrice entre les deux stars du cinéma et en tire une véritable tragédie. L’infidélité chronique d’Yves Montand était bien connue, le chanteur et acteur comptant notamment Marilyn Monroe parmi ses conquêtes.

Malgré les humiliations publiques, Simone Signoret lui est restée fidèle jusqu’à la mort, incapable de se séparer de lui. MOI QUI T’AIMAIS dresse ainsi le portrait poignant d’une femme qui souffre, éternellement tourmentée par l’homme qu’elle aime.

L’étonnante mise en abyme de MOI QUI T’AIMAIS

Comme évoqué précédemment, le film s’ouvre de manière très surprenante. On y voit Marina Foïs et Roschdy Zem, qui incarnent respectivement Simone Signoret et Yves Montand, se préparer dans leur loge avant d’entrer sur le plateau de tournage. Puis, Marina Foïs apparaît en Signoret lors d’une reconstitution d'interview. À côté, c’est bien Roschdy Zem qui attend le bon moment pour entrer dans le cadre, et donc dans la peau de Montand.

Cette mise en abyme est un moyen pour Diane Kurys d’insister d’emblée sur l’aspect fictionnel du long-métrage. Il s'agit de graver dans l’esprit du public que ses interprètes jouent des personnages de cinéma avant tout, plutôt que de chercher à copier de vraies personnes. Dans le dossier de presse, la réalisatrice expliquait :

Cette mise en abyme, dans la séquence d'ouverture, était une idée importante dès le départ. Avant l'écriture du scénario, même. Marina [Foïs] et Roschdy [Zem] ont tous les deux compris ma vision. Je ne voulais pas "faire croire" qu'ils incarnaient les "vrais" personnages et ma volonté était d'échapper au "biopic" au sens strict.

Ainsi, plutôt que de passer par le traditionnel carton « toute ressemblance avec des personnes réelles… », Diane Kurys a fait un choix beaucoup plus original. Une liberté artistique indispensable pour s’approprier pleinement l’histoire d’un couple, en allant au-delà du récit de deux légendes.