Aller au contenu principalAller à la recherche

MON ROI : le film qui a offert à Emmanuelle Bercot le rôle de sa vie

En 2015, Maïwenn signait avec MON ROI un drame amoureux aussi intense et déchirant, avec pour motif principal l’emprise. Porté par Emmanuelle Bercot et Vincent Cassel, le film dissèque les mécanismes d'une relation passionnelle et toxique avec une grande justesse. Un rôle qui vaudra à Emmanuelle Bercot le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes et qui reste, dix ans après, l'un des sommets de sa carrière.

MON ROI : une histoire d'amour destructrice

Dans MON ROI, Tony (Emmanuelle Bercot) se voit admise dans un centre de rééducation après un grave accident de ski. Immobilisée, elle replonge dans les souvenirs de sa relation avec Georgio (Vincent Cassel), un homme aussi séduisant qu'imprévisible dont elle est tombée follement amoureuse. Au fil des flash-back, le film retrace les dix années d'une histoire marquée par la passion, les excès, les séparations et les réconciliations, jusqu'à ce que Tony entreprenne de se reconstruire.

Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2015, MON ROI réunit un casting de premier plan : Emmanuelle Bercot, Vincent Cassel, Louis Garrel, Isild Le Besco et Patrick Raynal. Avant d'incarner Tony, Emmanuelle Bercot s'était déjà imposée comme l'une des figures majeures du cinéma d'auteur français, aussi bien devant que derrière la caméra. Révélée comme réalisatrice avec CLÉMENT (2001), après avoir signé À VENDRE (1998), puis remarquée grâce à BACKSTAGE (2005) et ELLE S'EN VA (2013), elle construit une œuvre sensible, souvent centrée sur des personnages féminins en quête d'émancipation.

En parallèle, sa carrière de comédienne prend de l'ampleur avec des rôles dans POLISSE, également disponible sur Canal+ en ce moment, LES INVASIONS BARBARES de Denys Arcand ou encore MES CHÈRES ÉTUDES, qu'elle réalise également. En 2015, sa performance dans MON ROI est couronnée par le Prix d'interprétation féminine au Festival de Cannes, une récompense qui vient saluer une prestation unanimement saluée par la critique. La comédienne confiera d'ailleurs à Première que le rôle de Tony était « compliqué par la multitude de couleurs qu'il fallait lui donner, par le don de soi qu'il appelait ».

Le film le plus intime de Maïwenn

Si MON ROI possède une force de frappe aussi impressionnante, c'est aussi parce qu'il s'agissait d'un projet de longue date pour Maïwenn. Au moment de la sortie, la réalisatrice confiait avoir écrit plusieurs versions du scénario avant d'oser le porter à l'écran, estimant qu'il lui fallait davantage d'expérience pour raconter une histoire d'amour crédible. « MON ROI aurait dû être mon premier film », confiait-elle des années plus tard, reconnaissant qu'elle redoutait alors de filmer le bonheur amoureux sans tomber dans la mièvrerie.

Le quête d'authenticité portée par la cinéaste se retrouve dans la direction des acteurs, auxquels Maïwenn a laissé une grande liberté pour s'approprier les dialogues et les émotions. Emmanuelle Bercot évoquait d'ailleurs un tournage particulièrement organique : « Dans MON ROI, ce sont nos propres mots qu'on entend à l'écran. » Dix ans après sa sortie, le film continue de fasciner par sa manière de raconter l'emprise amoureuse, une thématique bien plus abordée aujoud’hui et qu’il est intéressant de voir déjà portée à l’écran alors. Grâce à la puissance de son duo principal et à sa mise en scène au plus près des émotions, MON ROI n’a pas pris une ride et est à redécouvrir en ce moment sur Canal+.