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MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE : l’histoire vraie derrière ce drame bouleversant

MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE est un film éprouvant qui met en lumière les violences sexuelles utilisées comme arme de guerre dans l’est du Congo. Disponible sur CANAL+, le long-métrage retrace le combat du docteur Denis Mukwege, qui ne cesse d’alerter sur la situation.

Un film choc !

Réalisé par Marie-Hélène Roux, MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE a secoué le public lors de sa sortie en salle en septembre 2025. On y suit Denis Mukwege (Isaach de Bankolé), un médecin congolais reconnu pour son engagement auprès des femmes victimes de mutilations génitales en République démocratique du Congo. Ses critiques de la situation dans le pays lui valent des menaces de plus en plus fortes. Cependant, sa rencontre avec le chirurgien belge Guy Cadière (Vincent Macaigne) va le motiver à poursuivre malgré le danger.

Pour l’aider dans sa pratique de chirurgie réparatrice, Guy Cadière apprend à Denis Mukwege une nouvelle méthode permettant d’opérer à quatre mains et sans ouvrir le ventre des patientes. Un progrès scientifique qui reste insuffisant. Car la plupart des femmes soignées reviennent avec les mêmes traumatismes, comme une patiente opérée à quatre reprises par Denis Mukwege.

Lors de leur séjour au Congo, la plus marquée par cette horreur est Maïa Cadière (Manon Bresch), la fille de Guy, qui seconde son père lors des opérations. Sa détresse devient alors celle du public, qui assiste, impuissant, à la souffrance de ces femmes, et ressort profondément bouleversé du long-métrage.

L’histoire de Denis Mukwege dans un contexte de guerre

Drame puissant, MUGANGA – CELUI QUI SOIGNE n’est pas une fiction, mais témoigne d’une situation malheureusement bien réelle. Le long-métrage est tiré du livre Panzi (2014), écrit par les véritables médecins et amis Denis Mukwege et Guy-Bernard Cadière.

Né à Bukavu dans une famille pentecôtiste, Denis Mukwege savait, dès son plus jeune âge, qu’il serait médecin - après avoir assisté, à 8 ans, à la mort d’un enfant. Lors de ses études de médecine au Burundi, il fut confronté aux tensions entre Hutu-Tutsi. Un conflit qui débute en 1990 au Rwanda, opposant le gouvernement hutu au Front patriotique rwandais. Enfin, c’est en raison de la forte mortalité maternelle dans son pays que Denis Mukwege se spécialisa en gynécologie.

Quelques années plus tard, Denis Mukwege assista à l’attaque de Lemera en 1996. Une tragédie durant laquelle les rebelles Banyamulenge, soutenus par le Rwanda, ont massacré une trentaine de personnes présentes à l’hôpital. Un événement qui découle du génocide des Tutsi au Rwanda (1994), et qui mène à la première guerre du Congo (1996-1997). Suite à ce conflit, le président Mobutu Sese Seko fut renversé par Laurent-Désiré Kabila. Mais la situation du pays ne s’est pas arrangée - la deuxième guerre du Congo se déroule de 1998 à 2002 et implique neuf pays africains et une trentaine de groupes armés.

L’importance de l’hôpital de Panzi

C’est durant la Première Guerre que le viol est devenu une arme de guerre dans l’est du Congo. Une stratégie utilisée par les groupes armés pour soumettre des villages et s’emparer de ressources minières. Marie-Hélène Roux précise à ce sujet dans le dossier de presse du film :

Le viol est devenu une arme de guerre parce qu’il est à la fois peu coûteux et redoutablement efficace. Une balle, dans un pays où le salaire moyen est d’un dollar par jour, coûte cinq dollars. Le viol, lui, ne coûte rien — et il détruit tout.

Face à cette violence systématique, Denis Mukwege a décidé d’agir concrètement. Pour aider les femmes violées, parfois avec des couteaux ou des bâtons, il a fondé l’hôpital de Panzi à Bukavu. Il a également créé la fondation Panzi en 2008 pour proposer un accompagnement psychologique et juridique aux patientes. Mais c’est dès le début des années 2000 qu’il dénonçait publiquement l’inaction internationale.

C’est pour cette raison que, le 25 octobre 2012, le médecin a été visé lors d’un attentat à son domicile, provoquant la mort du gardien de sa maison. Cette attaque a incité Denis Mukwege à se réfugier en Belgique et aux États-Unis, avant de revenir au Congo pour poursuivre son travail à l’hôpital de Panzi. C’est là que se conclut le film, mais la lutte de Denis Mukwege n’a pas cessé depuis.