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Netflix : le meilleur film catastrophe des années 90 est dispo et ça n’est pas ARMAGEDDON

Sorti en salles en 1998, DEEP IMPACT a longtemps vécu dans l’ombre d’ARMAGEDDON, sorti seulement quelques semaines plus tard avec Bruce Willis et Ben Affleck. Pourtant, le film de Mimi Leder a peut-être mieux résisté au temps : plus réaliste, plus humain et nettement plus intéressé par les conséquences d’une apocalypse que par les explosions dans l’espace. Bonne nouvelle, il est désormais disponible sur Netflix avec CANAL+.

DEEP IMPACT : Morgan Freeman et une très mauvaise nouvelle pour l’humanité

Il ne faut pas se mentir, les années 90 avaient une passion assez particulière pour la destruction de masse. Entre TWISTER, INDEPENDENCE DAY, VOLCANO, DAYLIGHT ou encore LE PIC DE DANTE Hollywood semblait avoir décidé que le meilleur moyen d’attirer les spectateurs au cinéma était encore de leur montrer la planète (ou une grosse partie) se faire méthodiquement pulvériser dans des films catastrophe tous plus inventifs les uns que les autres.

Sorti en France le 27 mai 1998, DEEP IMPACT ne fait pas vraiment exception. Réalisé par Mimi Leder (à qui l'on doit aussi le bouleversant UN MONDE MEILLEUR), le film commence lorsqu’un adolescent passionné d’astronomie, Leo Biederman (Elijah Wood), repère un objet inhabituel dans le ciel. Mauvaise pioche : il s’agit d’une gigantesque comète fonçant droit vers la Terre et susceptible d’anéantir une bonne partie de l’humanité.

Pendant qu’une mission spatiale internationale secrète menée par le vétéran Spurgeon Tanner (Robert Duvall) tente de dévier l’objet, le président américain, incarné par un Morgan Freeman aussi rassurant que possible lorsqu’il vous annonce littéralement la fin du monde, doit préparer la population à l’éventualité d’un échec... Téa Leoni incarne de son côté Jenny Lerner, une journaliste qui découvre l’existence de la menace avant son annonce officielle.

En cela, DEEP IMPACT se distingue d’un paquet de films catastrophe puisque l’opération spatiale n’est qu’une partie du récit. Le film s’intéresse surtout aux gens restés sur Terre. Qui aura une place dans les abris ? Que fait-on lorsque l’on sait qu’il ne reste que quelques heures à vivre ? Avec qui choisit-on de les passer ? Mimi Leder fait évidemment exploser ce qu’il faut au moment venu, mais elle consacre une grande partie de ses deux heures à la manière dont des individus ordinaires encaissent l’annonce de leur possible disparition.

Le résultat avait d’ailleurs très bien fonctionné : avec environ 349 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé autour de 75 à 80 millions, DEEP IMPACT termine parmi les plus gros succès de 1998. Seulement, quelques semaines plus tard, un autre caillou venu de l’espace allait lui voler une bonne partie de sa postérité…

Pourquoi DEEP IMPACT est meilleur qu’ARMAGEDDON

Car 1998 reste surtout dans les mémoires comme l’année d’ARMAGEDDON. Deux films, deux objets célestes menaçant d’exterminer l’humanité et seulement deux mois d’écart aux États-Unis — un phénomène de « films jumeaux » particulièrement spectaculaire. En France, DEEP IMPACT arrive le 27 mai, quand le blockbuster de Michael Bay débarque le 5 août.

Et la bataille commerciale n’a pas vraiment eu lieu. Avec Bruce Willis, Ben Affleck, Liv Tyler, Aerosmith et Michael Bay derrière la caméra, ARMAGEDDON devient le plus gros succès mondial de 1998 avec environ 554 millions de dollars de recettes, contre 349 millions pour son concurrent. Il possède aussi tous les ingrédients nécessaires pour marquer davantage la culture populaire : des punchlines, des héros bigger than life et une BO tonitruante.

Sauf que lorsque l’on demande lequel des deux ressemble réellement à ce que pourrait être une catastrophe de cette ampleur, DEEP IMPACT prend rapidement l’avantage.

Premier point : la science. Là où ARMAGEDDON envoie des foreurs pétroliers devenir astronautes afin de percer un astéroïde « de la taille du Texas », DEEP IMPACT fait intervenir une équipe d’astronautes dans une mission préparée par les États-Unis et la Russie. Aucun des deux films n’est un documentaire scientifique, mais les astronomes consultés à l’époque avaient nettement préféré l’approche de Mimi Leder, jugée beaucoup moins fantaisiste. 

Deuxième différence : DEEP IMPACT montre réellement ce que signifie la fin du monde, à l’échelle de l’humanité. Il s’intéresse à l’organisation des abris souterrains, à la sélection de ceux qui pourront y entrer, aux familles séparées, aux décisions politiques et aux réactions de la population. Et surtout, contrairement à beaucoup de films du genre, il accepte de laisser la catastrophe avoir des conséquences. Son gigantesque tsunami causé par les débris de la première comète reste d’ailleurs l’une des images les plus marquantes du cinéma catastrophe des années 90.