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NOVOCAÏNE : les symptômes de la maladie de Nate sont-ils réels ?

Loin des films d'action classiques, NOVOCAÏNE, disponible sur CANAL+, joue avec la maladie de son héros, incarné par Jack Quaid, pour des scènes où la douleur du personnage principal devient une arme. Du chiqué ? Pas vraiment.

Un danger pour les autres, mais surtout pour lui-même

Dans NOVOCAÏNE, Nate (Jack Quaid) est un jeune homme souffrant d'une maladie génétique appelée l'insensibilité congénitale à la douleur. Que l'on peut nommer sous l'acronyme CIPA (Congenital Insensitivity to Pain with Anhidrosis). Un phénomène dont le film, disponible sur CANAL+, se sert pour créer des séquences d'actions où notre héros se sert de son « don » pour éliminer les gangsters qui, eux, ressentent la douleur. Main dans de l'eau bouillante, ongles arrachés, jambe transpercée, tout y passe alors que Nate reste stoïque.

Certes, cela donne des séquences particulièrement fun, mais dans la réalité, le CIPA est une terrible maladie qui exige une attention constante. Car oui, NOVOCAÏNE a beau être fictif, il est surtout particulièrement bien documenté.

L'absence de douleur est sans doute le symptôme le plus « impressionnant ». Grossièrement, les personnes atteintes ont des récepteurs nerveux défaillants et le signal de douleur ne parvient jamais au cerveau. Ils peuvent donc se faire mal sans s'en rendre compte. Ce qui implique la deuxième conséquence directe que l'on voit dans le film : la nécessité de manger liquide. Les coupures et les morsures à l'intérieur de la bouche sont extrêmement fréquentes chez les malades souffrant de CIPA.

De même, Nate met une alarme toutes les trois heures pour se rappeler d'aller vider sa vessie. Là encore, c'est le système nerveux qui utilise des récepteurs de pression et de distension pour signaler au cerveau que la vessie ou les intestins sont pleins. Puisque le CIPA altère le système, le malade n'a aucune sensation d'inconfort ou de pression lui indiquant quand il doit se soulager. Pour éviter les risques de perforation ou d'infection, il est important de compter sur une horlogerie et non sur le « besoin » qui ne se fera jamais ressentir avant qu'il ne soit trop tard.

L'anhidrose, le grand absent de NOVOCAÏNE ?

L'un des symptômes du CIPA est quasiment ignoré par NOVOCAÏNE, sans doute jugé moins cinématographique à l'écran et surtout, trop contraignant pour mener à bien le reste des séquences. Il s'agit de l'anhidrose, soit l'incapacité du corps à transpirer. Sans cela, un être humain ne peut pas réguler sa température interne et va fortement souffrir de coups de chaud ou de fièvres qui peuvent être mortels.

Dans le film, Nate précise rapidement qu'il ne sent pas les températures, mais ne parle pas du problème de sueur. Normal, car avec cette donnée, aucune scène d'action ne pourrait tenir, le corps du héros lâcherait au moindre effort soutenu.

Ce qui implique une autre vérité énoncée dans le film : les personnes atteintes de CIPA ont une espérance de vie bien plus faible que la moyenne. Les risques d'infections non détectées, de blessures graves ignorées, de maladies non traitées, etc. sont beaucoup plus nombreux et peuvent provoquer la mort.

Comme quoi, on peut être un film d'action et mettre en lumière une maladie rare, bien moins « cool » qu'elle n'y paraît.