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Pourquoi A.I. Intelligence artificielle a une place à part dans la filmographie de Steven Spielberg depuis 25 ans ?

Steven Spielberg et la science-fiction, une histoire d'amour qui dure depuis bientôt 50 ans avec RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE. Mais bien qu'il parle d'amour, A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE restera différent de ses autres films.

Un projet commun entre Stanley Kubrick et Steven Spielberg

Pour comprendre ce qui rend A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE si différent des œuvres comme E.T., RENCONTRES DU TROISIÈME TYPE ou encore de DISCLOSURE DAY qui vient d'arriver en salles, il faut revenir à la genèse du projet.

À l'origine, le long-métrage était entre les mains de Stanley Kubrick, cinéaste ayant offert au cinéma de science-fiction une nouvelle naissance. L'homme cherche à adapter la nouvelle Supertoys Last All Summer Long de Brian Aldiss depuis les années 70. Sauf que les limitations techniques et l'émotion demandée par le récit ont fini par le convaincre que Steven Spielberg était davantage celui qu'il fallait pour le projet. Les deux hommes échangent tout au long des années 90 avant la mort de Kubrick. Spielberg décide alors de s'occuper du film, comme un hommage.

A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE est donc issu de deux esprits complémentaires, mais également contradictoires. Spielberg est un cinéaste de l'enfance, des sentiments, de la tendresse. Kubrick est un réalisateur plus froid, plus cartésien. La combinaison des deux donne au film une âme particulière.

A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, le film le plus sombre de Spielberg ?

Bien que Spielberg n'ait jamais eu peur de signer des films durs comme LA LISTE DE SCHINDLER ou IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN, il semblait jusqu'alors réserver la science-fiction à l'art de la rêverie, de l'optimisme. Avec Kubrick comme maître initiateur, A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE sort de ce cadre avec des thèmes comme l'abandon, la solitude, la fatalité.

À travers les yeux de David, robot ayant l'apparence d'un enfant de 11 ans, on découvre l'amour inconditionnel, mais l'incapacité à être aimé. On découvre la cruauté de l'humanité au sein d'un monde brutal envers les robots. On découvre l'absence de fin heureuse avec un bonheur seulement éphémère. Si HOOK peut avoir des aspects mélancoliques, ce n'est rien en comparaison de celui-ci qui touche assurément au tragique, avec une relecture de Pinocchio où le but restera impossible à atteindre.

Même si on peut voir entre les lignes la douceur de Spielberg transparaître, on a la sensation que c'est bien l'esprit plus tortueux de Kubrick qui a pris le dessus sur le film, confirmant les dires du réalisateur de Disclosure Day qui a toujours déclaré que A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE n'a jamais vraiment été son film, mais celui de Kubrick (bon, ce dernier disait l'inverse avant de mourir, certes). Le seul film de science-fiction de Spielberg où tout est bien qui ne finit peut-être pas bien (en attendant DISCLOSURE DAY ?).