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Rencontres de cinéma à Angoulême avec l’équipe de POLICE

Posté par Cinéma Canal le 7 septembre 2020
Direction le Sud-Ouest ! Laurent Weil était à Angoulême pour son Festival du film francophone. Cette édition 2020 présentait notamment en avant-première le nouveau long-métrage d’Anne Fontaine, POLICE. A l’occasion de sa sortie en salles, Rencontres de cinéma accueille sa cinéaste ainsi que ses comédiens Virginie Efira et Grégory Gadebois.

Cette année, le Festival d’Angoulême a pris une dimension un peu spéciale puisqu’il était le premier festival cinématographique depuis le confinement. L’équipe de POLICE n’a donc pas manqué à l’appel et Laurent Weil non plus ! Il s’entretient avec Anne Fontaine, Virginie Efira et Grégory Gadebois pour parler du film, de ses personnages et de sa mise en scène, mais aussi de leurs précédentes collaborations et de l’actualité.

Rencontres de cinéma
"Ces trois êtres vont être confrontés à un cas de conscience, à une réflexion sur l’obéissance."

Virginie Efira et Grégory Gadebois ont un point commun : ils ont tous les deux déjà travaillé avec Anne Fontaine, respectivement dans MON PIRE CAUCHEMAR (2011) et MARVIN OU LA BELLE ÉDUCATION (2017). Et cerise sur le gâteau : en plus des deux comédiens, POLICE met en scène Omar Sy.

Tous les trois interprètent des policiers parisiens qui se voient obligés de reconduire un étranger à la frontière, une mission inhabituelle pour eux. Ils sont face à un dilemme de moral lorsqu’ils comprennent que leur prisonnier risque la mort s’il rentre dans son pays.

"Ils ont trois positionnements différents par rapport à une question morale profonde : suivre l’ordre, suivre la loi, ou le droit ou la conscience intime."

"C’est Truffaut qui disait que choisir un acteur, c’est 75% de la réussite de la mise en scène d’un film."

Ce thriller s’appuie sur la remise en question de personnages bien distincts. Au centre de ce questionnement, il y a un quatrième personnage important, celui du clandestin, joué par l’acteur iranien Payman Maadi. Si son visage vous est familier, vous l'avez peut-être vu dans deux films d'Asghar Farhadi qui l'a découvert, À PROPOS D'ELLY (2009) et UNE SÉPARATION (2011), ou encore dans des productions américaines comme 13 HOURS (Michael Bay, 2016).

- Laurent Weil : "Il est incroyable aussi. Pour le coup très en retenu parce que, forcément, il est aussi un peu spectateur de tout ce qui se passe. Et en même temps, je trouve qu’il dégage une humanité hallucinante. Là aussi, il ne fallait pas se gourer ?"

- Anne Fontaine : "(…) Payman a quelque chose d’incroyablement fort parce qu’on peut penser qu’il va être violent, bouleversant, qu’il va faire quelque chose de totalement insoupçonné. C’est l'un des grands acteurs iraniens d’aujourd’hui et il s’exprime sans langue, c’est-à-dire sans Anglais, sans Français, donc uniquement par la force de ses expressions. Il est formidable."

La voiture de police tient une place importante dans le long-métrage puisque c’est là qu’une grande partie du film se passe. Grégory Gadebois confie avoir apprécié l’expérience qui résout le problème du corps et des gestes. Anne Fontaine justifie ce choix :

"Il y a quelque chose de très hitchcockien dans la facture même d’être à quatre dans une voiture, immergés et avec cet étranger qui petit à petit va faire apparaître les failles chez les trois policiers."

"C’est sur l’humain, sur le fait que ce sont des êtres et que ce ne sont pas des généralités d’une fonction."

Malgré leurs différences, Laurent Weil évoque les films POLICE (Maurice Pialat, 1985) et POLISSE (Maïwenn, 2011) pour mettre en avant ce qu’ils ont en commun avec le POLICE d’Anne Fontaine, c’est-à-dire l’humain.

"Souvent on pense que les gens qui sont derrière un uniforme ne sont réduits qu’à leur fonction. (…) C’est aussi comment l’uniforme cache les blessures, les fractures, congestionne et asphyxie l’individu."

Alors que le sujet des violences policières fait l’actualité Anne Fontaine, qui n’avait pas prévu le contexte actuel au moment de la production, confirme que son message reste le même et Laurent Weil l’a bien compris :

"Ce sont des hommes, ce sont des femmes, ils ont des doutes. Ils sont confrontés à des situations qui ne sont pas forcément normales, auxquelles ils ne s’attendaient pas."

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