RESIDENT EVIL : on a vu les 18 premières minutes du nouveau film, ça raconte quoi ?
Après BARBARE et surtout ÉVANOUIS, Zach Cregger s’attaque à l’une des franchises horrifiques les plus célèbres du jeu vidéo. À quelques semaines de sa sortie, le réalisateur nous a montré en exclusivité les 18 premières minutes de son RESIDENT EVIL. Une nouvelle adaptation qui ne reprend pas l’histoire des jeux, mais qui entend enfin retrouver leur véritable ADN de survival horror.
La saga RESIDENT EVIL de retour avec un nouveau film
RESIDENT EVIL, c’est le jeu vidéo culte auquel nous avons tous joué. Nous nous sommes tous, au moins une fois, enfouis dans les méandres de Raccoon City en massacrant des zombies et autres créatures infectées. Un des rares jeux transgénérationnels et le plus adapté au cinéma... Nous en sommes à 7 longs-métrages en live, 3 en CGI, une série d’animation et même une mini-série live sur Netflix.
Vous vous souvenez sans doute de la franchise RESIDENT EVIL, menée par Milla Jovovich et supervisée par son mari de l’époque Paul W. Anderson. Entre 2002 et 2017, les six films de la franchise, six films funs façon série B luxueuse, ont rapporté 1,23 milliard de dollars de recettes globales.
En 2021, RESIDENT EVIL : WELCOME TO RACCOON CITY, une tentative de reboot sortira. Sans grand succès... Il était temps de mettre la franchise en jachère, histoire de trouver une nouvelle façon de la traiter en la confiant à des auteurs, à un cinéaste comme Zach Cregger...
En deux films, les fascinants BARBARE et surtout ÉVANOUIS (WEAPONS en V.O.), Cregger est devenu le nouveau visage de l’horreur au cinéma. ÉVANOUIS, plus de 270 millions de dollars de recettes dans le monde, un délire critique et même un Oscar pour Amy Madigan, l’a même précipité parmi les jeunes réalisateurs les plus convoités d’Hollywood. Mais les propositions que le triomphe d’ÉVANOUIS a provoquées devront attendre.
Quand le film est sorti l’été dernier, Cregger n’a pris que quelques jours pour la promotion de son ÉVANOUIS avant de retourner au travail sur la préproduction de son nouveau film : RESIDENT EVIL.
« J'ai toujours été un immense fan de RESIDENT EVIL. Depuis RESIDENT EVIL 2, je les ai tous faits. J'ai une affection particulière pour les épisodes 2 et 4, mais j'adore aussi les 7, 8 et 9. J'aime passer du temps dans cet univers », explique Zach Cregger, avant d'ajouter :
J'aime surtout le rythme de ces jeux. Ce ne sont pas des jeux d'action, ce sont des survival horror. Alors, quand après BARBARIAN, on m’a proposé d’écrire ma propre adaptation, je me suis jeté sur l’opportunité. Même si j’étais sûr qu’on ne m’en confierait jamais la réalisation. À l'époque, je n'avais réalisé qu'un film à quatre millions de dollars. Je savais qu'un RESIDENT EVIL coûterait beaucoup plus cher et je me disais que personne ne me confierait une franchise de cette ampleur. Du coup, j’étais complètement libéré. J'ai écrit le film que j'avais envie de voir, sans me demander s'il serait réalisable, probablement le meilleur état d'esprit pour écrire un film. Je me suis amusé comme un enfant jouant avec ses figurines, en imaginant toutes les scènes les plus folles possibles. Puis, à force d'écrire, j'ai commencé à espérer pouvoir réaliser le film. Et je ne sais pas pourquoi mais le studio m'a fait confiance. Dès que j’avais fini ÉVANOUIS, je me suis mis sur RESIDENT EVIL.

On a vu les 18 premières minutes du film : ça raconte quoi ?
Zach Cregger en personne qui nous accueille dans la salle Imax. Le film n’est pas terminé mais il tenait à nous en montrer les 18 premières minutes, histoire de nous mettre l’eau à la bouche. Mission accomplie...
RESIDENT EVIL ne démarre pas à Raccoon City mais dans un hôpital de province où le jeune Bryan essaie tant bien que mal de finir son boulot. Bryan est livreur d’organes indépendant. Dans l’hôpital, Bryan passe de salle en salle, incapable de retrouver le médecin qui a commandé l’organe qu’il transporte tout en continuant sa conversation au téléphone avec sa petite copine avec qui les choses n’ont pas l’air au beau fixe. Elle est enceinte, ce n’était pas prévu. Arrivant finalement à fourguer l’organe commandé, Bryan pense avoir terminé sa journée avant qu’une infirmière ne le persuade d’effectuer une dernière livraison : un mystérieux organe très attendu à l’hôpital de Raccoon City. Il hésite, il faudrait rentrer à la maison pour apaiser le courroux de sa Madame, mais la paye est bonne et la destination pas bien lointaine. Il accepte donc le boulot.
Sur la route, il neige non-stop, la visibilité est exécrable, et Bryan ne lâche pas son téléphone, essayant de se rabibocher avec sa compagne. Il ne voit donc pas l’étrange vieille dame qui se jette sous ses roues. Il freine quelques mètres plus tard, prend un peu de temps pour réaliser ce qui vient de se passer, sort de la voiture pour constater les dégâts. De notre côté, on a vite compris que la petite dame est un zombie. Mais Bryan, lui, n’en sait rien. Un policier le rejoint sur le lieu de l’accident. Ils décident ensemble de faire rentrer la victime dans la voiture de police… Pas question de trop vous spoiler, mais à partir de là, la vie de Bryan va vite tourner au cauchemar… Quand on le quitte, il sonne à la porte d’une ferme qui semble abandonnée dans les environs très proches de Raccoon City… Et le titre RESIDENT EVIL apparaît…
On n’en saura pas plus, mais on en crève d’envie. L’atmosphère est celle des hivers glauques du jeu d’origine, la mise en scène semble aussi obéir aux codes de RESIDENT EVIL, mais l’histoire n’est pas celle des jeux. Après la projection, lors d’un cocktail très informel, Zach s’est assis à notre table pour nous en dire un peu plus là-dessus :
Mon objectif est de célébrer tout ce qui rend RESIDENT EVIL si particulier, mais sans reprendre les histoires que les jeux racontent déjà parfaitement. Je n'ai aucune prétention à raconter l'histoire de Leon mieux que les jeux eux-mêmes. En revanche, raconter une nouvelle histoire dans l'univers de Raccoon City, à la veille de l'épidémie, avec Umbrella, le T-Virus et toute cette mythologie, ça me semblait être un terrain de jeu bien plus passionnant.
Les deux premiers films de Cregger adoptaient une temporalité non linéaire qui rendait la narration inattendue et passionnante. Mais sur celui-ci, Zach n’avait pas envie de ça. « Après BARBARIAN et WEAPONS, je ne voulais pas être catalogué comme le réalisateur qui casse systématiquement les structures narratives », nous explique-t-il, et d'ajouter :
J'avais envie de faire exactement l'inverse : raconter une histoire très linéaire, centrée sur un seul personnage, qui va du point A au point B. Le véritable défi était de maintenir une tension permanente. Dès que le film démarre réellement, au bout de quelques minutes, je voulais qu'il ne ralentisse jamais jusqu'au générique de fin. Je veux que ce film soit un véritable grand huit. J'espère que les fans de RESIDENT EVIL auront le sentiment de voir enfin un film qui célèbre réellement ce qu'ils aiment dans les jeux. Je veux qu'ils sentent que ce film a été fait par quelqu'un qui partage leur passion. Mais je veux aussi que ceux qui ne connaissent absolument pas la franchise puissent en profiter. Au fond, mon objectif est simple : faire peur, faire rigoler de temps en temps et enthousiasmer les spectateurs. Croyez-moi, c’est pas facile, mais si j’y arrive....
Sur ce, Zach finit sa bière et nous demande de l’excuser : « Pardonnez-moi, je dois y aller. Demain, je me lève tôt. J’ai un film à finir ».
RESIDENT EVIL sort en France le 16 septembre.
