RUNNING MAN : c'est quoi ce nouveau film adapté de Stephen King ?
Pour soigner sa fille malade, un père accepte d’être la proie d’une chasse à l’homme mortelle. Et ce, filmé en direct à la télévision. RUNNING MAN révèle le talent de Glen Powell en homme d’action luttant pour sa survie.
Glen Powell en successeur d’Arnold Schwarzenegger
On a rarement vu intrigue plus resserrée et alléchante : dans un futur proche, RUNNING MAN est l'émission numéro la plus regardée à la télévision : un jeu de survie impitoyable où des candidats, hommes et femmes appelés les Runners, doivent échapper pendant trente jours à des tueurs professionnels, sous l'œil avide d'un public captivé.
À l’issue de la période, le ou la survivante remportera une importante somme d'argent. Et si cette intrigue est particulièrement perverse en 1982 au moment de la sortie d'un livre du même nom publié sous le nom de plume de Richard Bachman, c’est qu’elle est en fait signée du maître du genre, Stephen King.
Avant même l’existence de la télé-réalité, l’auteur le plus adapté au cinéma en dénonçait déjà les travers, reprenant les motifs d’une nouvelle datant de 1958 d’un autre écrivain de science-fiction Robert Sheckley qui donnera en 1983 le film LE PRIX DU DANGER avec Gérard Lanvin en candidat et Michel Piccoli en animateur de l’émission.
Cette fois-ci, Hollywood s’en charge en la personne d’Edgar Wright, un réalisateur habitué aux films spectaculaires, de SHAUN OF THE DEAD (2004) à BABY DRIVER (2017) aux manettes de ce remake. Près de quarante ans après une première adaptation du livre de King avec Arnold Schwarzenegger en 1987, c’est un autre acteur qui reprend le flambeau, avec moins de muscles, plus de jugeote et un sourire tout aussi ravageur, en la personne de Glen Powell dont la popularité avait explosé dans TOP GUN : MAVERICK (2022).

La critique d’une Amérique obsédée par l’argent et la violence
La qualité du film tient tout autant à ce dispositif diabolique – le héros-candidat peut mourir à chaque instant – qu’à sa volonté de le dénoncer au cours de l’émission en la dynamitant de l’intérieur. À mesure que Ben Richards passe une à une les épreuves filmées et se maintient en vie tout au long de cette immense chasse à l’homme, il devient instantanément une vedette pour le public qui le soutient au point de menacer l’existence de l’émission elle-même.
En cela, il doit s’opposer au présentateur Bobby T incarné par Coleman Domingo, nommé à l'Oscar du meilleur acteur pour SING SING, et à un producteur particulièrement retors et cruel, Dan Killian (Josh Brolin). Et si Ben Richards participe à une émission où il risque à chaque instant de mourir, c’est pour pouvoir payer les soins de son enfant malade.
Ainsi, on découvre peu à peu derrière le film d’action la dénonciation d’une société américaine devenue folle qui, à la manière de la Rome antique, se délecte du spectacle des pauvres prêts à mourir dans une arène. Avec à la place du pain, des jeux et des esclaves… Et nous, les spectateurs, sommes amenés à réfléchir à ce qui nous distingue de ceux de l'émission...
