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RUNNING MAN : film d'action vs film d'anticipation, on compare les deux versions !

RUNNING MAN sur CANAL+, c'est Arnold Schwarzenegger contre Glen Powell. Pas dans un film, non, mais une confrontation entre deux projets bien différents que l'on compare tout de suite.

RUNNING MAN : l'arène contre le monde

Bien que les deux films soient adaptés d'une œuvre de Stephen King, on ne peut presque pas faire plus différent que le RUNNING MAN de 1987 et le RUNNING MAN de 2025. Deux visions et, surtout, deux objectifs séparés. Pour le film de Paul Michael Glaser (Starsky dans la série STARSKY ET HUTCH), il fallait faire un film d'action dans la pure tradition des années 80. La fidélité au roman d'origine n'est pas une composante essentielle du scénario, l'important c'est que le public s'amuse. 

D'où le changement de décor. Là où le film d'Edgar Wright se focalise sur la traque à travers les États-Unis par une bande de chasseurs militarisés, symbole de l'oppression, celui de Glaser choisit de se restreindre à une arène en compagnie d'adversaires hauts en couleur faisant davantage penser à des figures du catch. On n'est pas dans une satire sociale comme le voulaient King et Wright, on est dans un divertissement pur jus où l'humour et la punchline priment sur la cohérence ou la tension. 

Oui, dans les deux cas le scénario reste celui d'un pauvre homme devant lutter pour sa survie dans une émission retransmise en direct, mais la dimension dramatique n'est absolument pas la même. C'est peut-être ce qui permet à ses deux visions d'exister, parce qu'elles ne se ressemblent quasiment pas. On est passé d'un esthétisme très marqué par les années 80 avec ses couleurs criardes à un thriller d'action plus réaliste interrogeant sur la société tout en usant des nouvelles technologies. Entre RUNNING MAN et RUNNING MAN, c'est vraiment deux salles, deux ambiances. 

Le héros invincible vs le père de famille

Une différence d'enjeux dramatiques qui s'exprime également par la figure des deux protagonistes principaux. En 1987, Arnold Schwarzenegger est le héros invincible, le monsieur muscle conquérant du box-office. Ben Richards est un membre des forces de répression refusant de s'attaquer à des civils et il est puni pour ça en étant obligé de participer à Running Man en compagnie d'autres rebelles. Une figure héroïque comme on en faisait à l'époque. 

En 2025, Glen Powell est une star montante d'Hollywood et son Ben Richards est un père de famille dont les valeurs morales sont incompatibles avec ses contemporains. Mais il choisit lui-même de participer afin de mettre ses proches à l'abri du besoin. Il est plus fragile, plus humain. Il a sa propre noirceur et on sent qu'il peut basculer à tout moment du mauvais côté de la barrière face à la pression. Ce qui le rend plus proche du spectateur. 

Deux héros s'opposent : celui presque mythologique, fantasmé, et celui qui touche davantage à la réalité de chacun. Deux RUNNING MAN qui ne s'opposent pas, mais se complètent dans un sens, offrant au spectateur le choix selon son envie, puis pourquoi pas d'enchaîner avec l'autre sans avoir de sensation de redite. Finalement, le vrai gagnant à la fin, n'est peut-être pas Richards, mais celui qui regarde. Et puisque les deux sont sur CANAL+, pourquoi s'en priver ?