Sans ce film, GHOST IN THE SHELL n'aurait peut-être jamais existé !
Inédit, découvrez pour la première fois sur CINÉ+ et CANAL+ les débuts du réalisateur Mamoru Oshii, père de l'un des films fondateurs de l'animation japonaise, GHOST IN THE SHELL.
Les débuts de la légende
Il est intégré que la popularité de l'animation japonaise dans le monde s'est construite sur une poignée de chefs-d’œuvre comme les films d'Hayao Miyazaki, AKIRA ou GHOST IN THE SHELL. Alors que ce dernier est de retour en salles pour une version restaurée en 4K, c'est un autre bébé de Mamoru Oshii qui nous intéresse aujourd'hui puisque CINÉ+ diffuse pour la première fois, avec CANAL+, L’ŒUF DE L’ANGE, son premier long-métrage sorti en 1985, 10 ans avant GITS.
Le film est le fruit d'une collaboration mémorable entre Oshii et l'illustrateur Yoshitaka Amano, connu comme character designer de la saga vidéoludique Final Fantasy. Un objet de fascination depuis plus de trente ans, tout comme l'œuf dont il est question, tant l’œuvre demeure encore maintenant particulièrement cryptique et, dans le même temps, incroyablement profonde.
Dans un monde post-apocalyptique, toute forme de vie semble avoir disparu, seuls demeurent des fantômes du passé, errant sans but. Une jeune fille y vit encore, avec pour seul objectif de protéger son œuf. Elle croise alors le chemin d'un homme portant une croix. Curieux de savoir où cette quête va la mener, il décide de la suivre.
Qu'est-ce que raconte L’ŒUF DE L’ANGE ? L'éternelle question
Il serait difficile de rentrer dans les détails du scénario tant L’ŒUF DE L’ANGE n'est pas un objet d'analyse, mais d'interprétation. Un long-métrage où le symbolisme est omniprésent au sein d'un conte fantastique où le gothique flirte avec le biblique. Qu'est-ce que l'on regarde ? Au bout des 70 minutes de l'œuvre, on ne sait toujours pas. Mais on sait ce que l'on ressent, car ici, tout y est subjectif. Oshii lui-même ne cache pas son incertitude face à son propre récit.
Une œuvre sans dialogue, onirique, qui invite à contempler la beauté des images, écouter la pureté de la bande-son, et à se demander ce que contient l’œuf. Encore et toujours l’œuf. Il n'y a même pas de narration à proprement parler, on est davantage face à un tableau vivant où la peinture bouge sans prendre le temps d'attendre le spectateur.
L’ŒUF DE L’ANGE est une œuvre déstabilisante, peut-être trop, mais qui en disait déjà beaucoup sur le réalisateur et scénariste qu'allait devenir Mamoru Oshii, un cinéaste de la sous-explication, laissant chacun repartir avec ses idées, ses questions et ses réponses. De quoi laisser présager du futur cinéma d'Oshii. D'un Ange à un Ghost, il n'y avait alors qu'un œuf.
