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Sorti il y a 26 ans, ce thriller français façon SEVEN a cartonné et propulsé son réalisateur à Hollywood

Véritable SEVEN à la française, LES RIVIÈRES POURPRES est l’un des films majeurs de la carrière de Mathieu Kassovitz. Disponible sur CANAL+, ce thriller sombre a été un tel succès qu’il a attiré l’attention d’un célèbre producteur américain, tout en mettant en lumière la regrettée Nadia Farès.

Jean Reno et Vincent Cassel en duo de flics dans LES RIVIÈRES POURPRES

Après le succès de LA HAINE (1995), Mathieu Kassovitz a continué de travailler sur des univers sombres. Si son film suivant, ASSASSIN(S) (1997), a bien moins marché que le précédent, le réalisateur français a frappé fort ensuite avec LES RIVIÈRES POURPRES (2000).

Adapté du roman éponyme de Jean-Christophe Grangé, le long-métrage suit en parallèle deux enquêtes distinctes. D'un côté, le commissaire Pierre Niémans (Jean Reno), envoyé dans la ville universitaire de Guernon pour enquêter sur le meurtre d’un bibliothécaire, dont le corps a été retrouvé mutilé en pleine montagne.

De l’autre, Max Kerkérian (Vincent Cassel), un jeune flic, enquête sur la profanation de la tombe d’une enfant, morte des années auparavant. Bien que ces deux affaires soient à 200 kilomètres de distance, les deux policiers vont finir par se réunir.

Par son ambiance poisseuse et son duo de flics, LES RIVIÈRES POURPRES rappelle inévitablement SEVEN (1995), le chef-d’œuvre de David Fincher. Cependant, grâce à son cadre situé dans une région montagneuse, le film de Mathieu Kassovitz affirme sa propre identité visuelle et une atmosphère pour le moins originale.

Un succès qui ouvre les portes d’Hollywood

Le cinéaste français ne cache pas ses références au cinéma américain, notamment au film d’action CLIFFHANGER (1993), directement cité par le personnage de Vincent Cassel en arrivant chez Fanny Ferreira. Cette alpiniste qui collabore avec les policiers est interprétée par Nadia Farès, disparue le 17 avril dernier à l'âge de 57 ans. Son rôle dans le film de Kassovitz reste l'un des plus marquants de sa filmographie.

L’ensemble des choix artistiques de Mathieu Kassovitz — qui s'offre d'ailleurs un caméo caché dans la peau du tueur à la capuche — a dans tous les cas payé. Avec plus de 3,2 millions d’entrées en France, le film a marqué les esprits. C’est d'ailleurs après l'avoir découvert que le célèbre producteur américain Joel Silver (DIE HARD, L’ARME FATALE) a contacté Kassovitz pour lui confier les commandes du thriller fantastique GOTHIKA (2004).

Une expérience qui n’a pas été de tout repos pour le Français, qui a dû gérer de lourdes tensions sur le plateau entre ses deux stars, Halle Berry et Robert Downey Jr. Il a également brillé par son absence sur LES RIVIÈRES POURPRES 2 : LES ANGES DE L'APOCALYPSE (2004), réalisé cette fois par Olivier Dahan. Enfin, l’univers imaginé par Jean-Christophe Grangé a plus récemment donné lieu à une série, diffusée entre 2018 et 2022 sur France 2 et portée par Olivier Marchal et Erika Sainte.

Qui sont les tueurs ? Les explications de la fin

Pour bien comprendre le dénouement complexe de l’enquête de Niémans et Kerkérian, il faut remonter aux années 1970. À cette époque, trois membres de l’université de Guernon décident de mettre en pratique des thèses eugénistes. Pour créer "l'être parfait", ils échangent à la maternité les enfants des professeurs (génétiquement brillants mais affaiblis par la consanguinité) avec les enfants des montagnards de la région (dotés d'une force physique supérieure).

Parmi les victimes de ce plan se trouve la famille Hérault, qui donne naissance à des jumelles : Judith et Fanny. Des années après l’échange d’une des deux filles, la mère biologique reconnaît son enfant et découvre le complot. Pour la sauver, elle simule un accident de la route et va jusqu’à couper un doigt de sa fille Judith pour faire croire à sa mort. Ensuite, elle élève les deux sœurs réunies dans le secret le plus absolu.

Cependant, une fois adultes, les jumelles découvrent la vérité. Elles décident alors de se venger des fils des responsables, devenus à leur tour membres de l'université. Ainsi, Rémy Caillois est leur première victime. Pris de panique, Philippe Sertys décide de profaner la tombe de Judith pour vérifier si elle y est bien enterrée (ce qui lance l'enquête de Kerkérian).

Après sa découverte, il est à son tour tué par les deux sœurs, tout comme le docteur Chernezé. En guise de vengeance finale, elles tentent de déclencher une avalanche pour ensevelir l’université de Guernon. Un plan que le duo de flics parvient à stopper in extremis.