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Sortie il y a 35 ans, cette comédie culte avec Jean Reno et Christian Clavier doit tout à Luc Besson

Avant LES VISITEURS, L’OPÉRATION CORNED BEEF a permis de réunir le trio Jean-Marie Poiré, Christian Clavier et Jean Reno. Une alliance qui n’aurait pas vu le jour sans un coup de pouce de Luc Besson. Le film est disponible sur CANAL+.

L’OPÉRATION CORNED BEEF : l’équipe des VISITEURS déjà réunie

Quand on évoque une comédie culte française des années 1990 réalisée par Jean-Marie Poiré et portée par Jean Reno, Christian Clavier et Valérie Lemercier, on pense naturellement au film LES VISITEURS (1993). Pourtant, deux ans auparavant sortait sur les écrans une autre comédie réunissant la même équipe : L’OPÉRATION CORNED BEEF (1991).

On y suit Philippe Boulier (Jean Reno), un agent de la DGSE de retour à Paris pour mener une opération visant un trafiquant d’armes nommé Zargas. Pour l’approcher, son équipe a caché un micro dans la bague de Marie-Laurence Granianski (Valérie Lemercier), l’interprète du consul d’Autriche (Marc de Jonge), un complice de Zargas.

Seulement, Jean-Jacques (Christian Clavier), l’époux de Marie-Laurence, risque de tout faire rater en proposant à sa femme de partir en vacances avec lui. Pour l’éloigner, Boulier ordonne qu’une agente le séduise. Tout semble sous contrôle, jusqu’à ce que ce dernier découvre que cette agente n’est autre que sa propre compagne, Isabelle (Isabelle Renauld)...

L’importance de Luc Besson et de son père

Avec L’OPÉRATION CORNED BEEF, Jean-Marie Poiré et Christian Clavier signaient leur cinquième collaboration. Mais ce tournage a surtout marqué les grands débuts d’un partenariat fructueux avec Jean Reno. Pourtant, l’acteur était loin d’être le premier choix. C'est après les refus de Gérard Depardieu, Daniel Auteuil, Bernard Giraudeau, Thierry Lhermitte, Gérard Lanvin et Pierre Arditi, et sur les conseils de Marie-Anne Chazel, que le réalisateur s’est penché sur lui.

Convaincu par sa performance dans LE GRAND BLEU (1988), Jean-Marie Poiré a ensuite bénéficié d’un coup de main de Luc Besson. C’est en effet ce dernier qui a mis le producteur Alain Terzian en contact avec Jean Reno grâce à son père, Claude Besson, comme le racontait Terzian à Première :

J'ai donc demandé à Luc [Besson] qui était son agent et Luc m'a répondu : "C'est mon père ! Reno est au Yucatán, mais mon père peut lui amener le script." (...) Trois jours plus tard, le téléphone sonnait dans mon bureau, avenue de Messine : "Allô, c'est Jean. C'est formidable. On tourne quand ? On signe quand ?"

Les regrets de Jean Reno

D’abord très enthousiaste à l’idée de tourner ce film, Jean Reno a par la suite exprimé de vrais regrets concernant L’OPÉRATION CORNED BEEF. L’acteur déclarait en 1996 au micro de Studio Magazine qu’il ne se trouvait pas bon dans cette comédie, avant tout à cause de problèmes personnels vécus durant cette période :

Je ne suis pas très bon dans ce film, pas plus que dans ma vie privée à l’époque. Je passe le tournage au téléphone. C’est la période de ma vie où je fais la révolution dans ma tronche.

Un constat visiblement partagé par Luc Besson lui-même, qui estimait que Jean Reno avait fait « une grosse connerie » en jouant dans L’OPÉRATION CORNED BEEF. Malgré cela, l’acteur retrouvera ensuite Jean-Marie Poiré et Christian Clavier pour LES VISITEURS (1993), une des plus grandes comédies françaises, avant de tourner deux suites et un remake américain sorti en 2001.