Aller au contenu principalAller à la recherche

Steven Spielberg a refusé de réaliser Harry Potter à cause de ce film de science-fiction sorti il y a 25 ans

Au début des années 2000, Warner Bros. a voulu confier les clés de la saga HARRY POTTER à Steven Spielberg. Mais le réalisateur a préféré décliner l'offre pour mener à bien un projet de science-fiction légué par Stanley Kubrick : A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (disponible sur CANAL+).

Steven Spielberg très proche d’adapter Harry Potter

Après la sortie d’IL FAUT SAUVER LE SOLDAT RYAN (1998), Steven Spielberg a pris un peu de temps pour choisir au mieux son projet suivant. Le cinéaste venait de recevoir l’Oscar du meilleur réalisateur, tandis que quatre autres récompenses étaient décernées à son film lors de la cérémonie de 1999.

Autant dire que le célèbre réalisateur avait toute la liberté pour faire ce qu’il voulait. Et on peut imaginer que les studios étaient prêts à lui accorder presque tout. C’est justement durant cette période que J.K. Rowling fut approchée par Warner Bros. pour une adaptation de sa saga littéraire Harry Potter. Quoi de mieux alors que de faire appel au papa d’E.T., L'EXTRA-TERRESTRE (1982) pour mettre en images cet univers magique ?

C’est au moins ce que se sont dit les producteurs de Warner Bros. qui ont fait une offre concrète au cinéaste. Mais en pleines négociations, Steven Spielberg a finalement décliné ce projet d’envergure pour se concentrer sur une autre œuvre à laquelle il était associé depuis près de 15 ans : A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE (2001).

A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE : un projet initié par Stanley Kubrick

C’est dès les années 1970 que Stanley Kubrick a envisagé d’adapter la nouvelle Les Supertoys durent tout l'été de Brian Aldiss. Pendant longtemps, le réalisateur et l’auteur ont tenté de développer un scénario. En 1985, le projet semblait bien avancé puisque Kubrick avait désigné Steven Spielberg pour la réalisation et que Warner Bros. était d’accord pour financer le film.

Cependant, la production n’a jamais vraiment débuté. En grande partie parce que Kubrick n’était pas satisfait de la technologie de l’époque, qui n’aurait pas pu créer numériquement le personnage de David comme il le souhaitait.

Pour rappel, dans A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE, Haley Joel Osment joue ce petit garçon qui est en réalité un robot doté d'émotions, confié à la famille Swinton pour surmonter l’absence de leur fils plongé dans le coma.

Alors qu’il pense être humain, David va découvrir la vérité. Après avoir été abandonné, il tentera de trouver la Fée Bleue qui, comme dans l’histoire de Pinocchio, pourrait faire de lui un vrai petit garçon.

La vision de Kubrick (presque) respectée

Le projet initial de Stanley Kubrick a donc été une nouvelle fois repoussé. Brian Aldiss a été renvoyé et remplacé par Ian Watson, qui devait cette fois inclure dans le scénario une référence au roman Les Aventures de Pinocchio de Carlo Collodi (ce qui n’était pas le cas dans l'œuvre de Brian Aldiss). Mais rien n’y fait, la production stagne pendant des années.

Même après la sortie de JURASSIC PARK (1993), qui a montré une avancée technologique majeure, Kubrick n’était pas convaincu. Malgré cela, le réalisateur n’a jamais cessé d’avoir confiance en Steven Spielberg, mettant en avant sa sensibilité. Ainsi, peu de temps après la mort de Kubrick (le 7 mars 1999), sa veuve Christiane Kubrick a voulu honorer la volonté de son mari. Avec son frère Jan Harlan, elle est revenue à la charge auprès de Spielberg, qui s'est laissé convaincre.

Le réalisateur lui-même a raconté en interview avoir abandonné HARRY POTTER (réalisé finalement par Chris Columbus) pour se consacrer entièrement à A.I. INTELLIGENCE ARTIFICIELLE. Reprenant la dernière version d’Ian Watson, Spielberg a écrit le scénario en restant le plus proche possible de la vision initiale de Stanley Kubrick — à l’exception donc du jeune David, incarné en chair et en os par Haley Joel Osment plutôt qu'en effets numériques.