STRANGE RIVER : De quoi s’inspire ce premier film intrigant présenté au Festival Nouvelles Vagues à Biarritz ?
Présenté à la Mostra de Venise puis, cette semaine, au Festival Nouvelles Vagues à Biarritz (en partenariat avec CANAL+), et salué pour sa délicatesse, STRANGE RIVER suit l’éveil sentimental d’un adolescent lors d’un voyage à vélo le long du Danube. Cette fiction baignée de mystère recèle des souvenirs très personnels pour son réalisateur…
Une promesse catalane
Premier long métrage du cinéaste catalan Jaume Claret Muxart, STRANGE RIVER (Estrany riu en version originale) s'intéresse à la trajectoire de Dídac, 16 ans, qui parcourt les rives du Danube avec sa famille pendant les vacances d’été. À un moment du voyage, il rencontre un garçon aussi fascinant qu’insaisissable qui vient bouleverser son rapport au monde, à sa famille et à lui-même. Ensemble, ils vivent des moments hors du temps qui font dévier le parcours prévu. Tout un programme…
Entre chronique familiale, récit initiatique et exploration du désir adolescent, STRANGE RIVER séduit par son atmosphère flottante et ses images baignées de lumière. Derrière la caméra, Jaume Claret Muxart, jeune cinéaste catalan né à Sant Cugat del Vallès, signe un premier long-métrage particulièrement maîtrisé. Formé à l'école de cinéma Elías Querejeta Zine Eskola, il s'était fait remarquer avec plusieurs courts-métrages, dont un qui prenait déjà place près du Danube.
Un voyage directement inspiré de l'adolescence
Pour imaginer STRANGE RIVER, Jaume Claret Muxart s’est appuyé sur ses propres expériences de jeunesse. Adolescent, il a lui aussi multiplié les voyages à vélo avec sa famille le long des grands fleuves européens. Les nuits au camping au débotté, les longues journées de route, les baignades et les rencontres inattendues nourrissent ainsi l’univers du film. Le cinéaste a expliqué avoir voulu retranscrire les sensations très particulières de ces étés passés au bord de l’eau : la chaleur, le sentiment de liberté, mais aussi cette période charnière où l’enfance commence à prendre les voiles. Dans le film, le Danube se fait d’ailleurs bien plus qu’un décor : il accompagne les bouleversements intérieurs du héros et symbolise le passage vers l’âge adulte.
Et si STRANGE RIVER puise dans des souvenirs authentiques, le film ne cherche jamais le réalisme pur. Jaume Claret Muxart y ajoute une dimension qui flirte avec l'onirisme à travers la figure du mystérieux Alexander, ce garçon qui apparaît et disparaît au fil du courant comme une vision. Cette frontière floue entre réalité et fantasme permet au réalisateur d’évoquer avec finesse les premiers émois amoureux et la construction de l’identité. Tourné en pellicule 16 mm, STRANGE RIVER transforme ainsi un souvenir de vacances en une expérience sensorielle et poétique, où une simple rencontre semble pouvoir changer le cours d’une vie, avec l’ampleur que prennent certains événements à l’adolescence.
