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THE BEACH BUM : Matthew McConaughey au sommet de son art

Posté par Alexis Lebrun le 20 août 2021
Après le succès retentissant de SPRING BREAKERS (2012), le réalisateur américain Harmony Korine était attendu au tournant pour son long-métrage suivant. Et comme souvent avec lui, THE BEACH BUM (2019) est un film assez inclassable, une sorte de stoner movie aussi hallucinant que son interprète principal, le génial Matthew McConaughey.
Syndrome de la page blanche

Autant le dire d’emblée, on ne regarde pas THE BEACH BUM pour son scénario, dont l’épaisseur est inversement proportionnelle aux quantités de drogues absorbées par les personnages du film. Le sixième long-métrage de Harmony Korine met en scène un écrivain surnommé Moondog (Matthew McConaughey), un hédoniste assumé qui a toutes les peines du monde à donner une suite à son premier recueil de poésie qui a fait de lui une légende. Aujourd’hui, ses meilleures années d’artiste semblent derrière lui : son agent (Jonah Hill) attend depuis des lustres son nouvel ouvrage, et il ne pourra pas accéder à un gros héritage tant qu’il ne l’aura pas terminé et qu’il n’aura pas montré à sa fille Heather (Stefania LaVie Owen) qu’il peut se comporter en adulte. Problème : Moondog n’en a aucune envie. Sous le soleil de la Floride, cet esprit libre et décadent qui porte des robes et des strings enchaîne les conquêtes et passe ses journées à glander avec une bouteille dans une main et un joint dans l’autre.

En d’autres termes, THE BEACH BUM consiste surtout à suivre les déambulations hallucinées de Matthew McConaughey et d’une galerie de personnages presque aussi barrés que lui, et incarnés par un casting invraisemblable, où Snoop Dogg joue notamment un chanteur de R&B qui se fait appeler Lingerie tandis que Zac Efron se transforme en pyromane. Disons pour euphémiser que tout ce joli petit monde s’est visiblement beaucoup amusé pendant le tournage, et que certaines scènes improvisées ne sont peut-être pas si fictives que cela. Quoi qu'il en soit, si on se laisse porter par l’atmosphère très particulière et volontairement je-m’en-foutiste qui se dégage du film, on ne peut que se délecter de la prestation outrancière de Matthew McConaughey, plus McConaugheysque que jamais.

Quand le cinéma est stoned

L’ambiance du film bénéficie aussi grandement de la photo signée Benoït Debie, chef opérateur belge que connaît bien Harmony Korine, puisqu’il officiait déjà sur SPRING BREAKERS. THE BEACH BUM partage d’ailleurs d’autres points communs avec son prédécesseur, dont il est en quelque sorte le successeur spirituel. La débauche très « sea, sex and sun » du film était déjà au cœur du nihilisme de SPRING BREAKERS, qui constituait déjà une expérience sensorielle à part. Carton surprise au box-office et déjà un peu culte aujourd’hui, le long-métrage avait aussi énormément clivé le public et la critique à sa sortie, notamment en raison de la façon dont il représentait son quatuor féminin. Et si la drogue y occupait déjà une bonne place, la comparaison avec THE BEACH BUM s’arrête là.

SPRING BREAKERS était un thriller, et son successeur est une pure « stoner comedy », un genre où la consommation de drogues contribue souvent à créer un humour d’une grande absurdité. Dans ce registre, THE BEACH BUM se pose comme un héritier de deux grands classiques du cinéma américain des années 1990. Il y a d’abord le cultissime THE BIG LEBOWSKI des frères Coen (1998) : le Moondog joué par Matthew McConaughey renvoie directement au célèbre Dude incarné par Jeff Bridges. Mais l’esthétique du trip de THE BEACH BUM rappelle aussi les délires psychotiques de Johnny Depp et Benicio del Toro dans l’adaptation du roman de Hunter S. Thompson, LAS VEGAS PARANO (Terry Gilliam, 1998). Et s’il y a un acteur qui peut rivaliser avec tous ces noms dans ce genre de rôle, c’est bien mister « Alright, alright, alright ».

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