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THE GUILTY : qui peut dire non à un tête-à-tête avec Jake Gyllenhaal ?

Posté par Alexis Lebrun le 1 octobre 2021
Adaptation fidèle du film danois éponyme qui avait fait sensation en 2018, la version américaine de THE GUILTY (Antoine Fuqua, 2021) qui sort aujourd’hui sur Netflix réunit plusieurs noms prestigieux autour de Jake Gyllenhaal, très à l’aise dans ce rôle quasi seul en scène.
911, what is your emergency?

Inutile d’être américain pour connaître cette phrase entendue lorsque l’on appelle l’équivalent du 17 aux Etats-Unis. Elle est indissociable des thrillers policiers hollywoodiens, mais l’opérateur téléphonique qui répond est rarement montré à l’écran. Dans THE GUILTY, ce schéma traditionnel est totalement renversé, puisque le personnage habituellement anonyme n’est pas seulement le héros de l’histoire : il est quasiment le seul à apparaître à l’image pendant les 90 minutes que dure le film. Ce personnage, c’est Joe Bayler (Jake Gyllenhaal), un opérateur de la police qui reçoit et gère toute la journée des appels d’urgence dans un centre. Alors que Los Angeles est menacé par d'énormes incendies (toute ressemblance...) et qu’il s’apprête à vivre une nouvelle matinée occupée par les appels plus ou moins futiles dont il a l’habitude, sa communication avec une dénommée Emily l’interpelle. Paniquée, cette jeune femme a été enlevée par un homme conduisant un van blanc, mais elle est contrainte de raccrocher avant d’avoir pu donner davantage d’informations à Joe.

Commence alors une course contre-la-montre aussi stressante pour lui que pour nous, puisque l’opérateur ne peut pas quitter son poste pour sauver Emily. Littéralement vissé à son siège, le personnage qu’incarne Jake Gyllenhaal ne peut faire appel qu’à sa connaissance des sons et des voix et à son sens de la déduction pour faire avancer l’enquête, tandis que toute l'action se déroule hors-champ. L’acteur néo-quarantenaire qui ne vieillit pas injecte tout de même toute sa présence physique dans le rôle, et il a d’ailleurs beaucoup plus de mal à tenir en place et à garder son calme que Jakob Cedergren, l’acteur de la version danoise du film. Il faut dire aussi que le personnage de Joe est plus tourmenté dans cette adaptation, ce qui n’a rien d’étonnant quand on sait que le scénario est signé par une redoutable plume – Nic Pizzolatto, créateur de la série TRUE DETECTIVE (OCS). Attendez-vous donc à des rebondissements qui font transpirer jusqu’à la conclusion du film.

Hanging on the Telephone

On ne présente plus Jake Gyllenhaal : l’acteur découvert en 2001 avec DONNIE DARKO (Richard Kelly) est désormais aussi à la tête d’une société de production, et c’est lui qui a fait l’acquisition des droits d’adaptation du premier film THE GUILTY (Gustav Möller), sensation danoise de l’année 2018 au Festival de Sundance, et qui a bien failli finir aux Oscars. Le remake américain est signé par Antoine Fuqua, qui a déjà collaboré avec Nic Pizzolatto sur un autre remake, LES SEPT MERCENAIRES (2016). On y retrouve aussi Ethan Hawke, qui prête sa voix à l’un des personnages de THE GUILTY, et qui figurait également au casting du film culte d’Antoine Fuqua, TRAINING DAY (2001). Quant à Jake Gyllenhaal, il avait joué en 2012 dans le très bon thriller policier END OF WATCH, souvent comparé à TRAINING DAY, et pour cause : il a été réalisé par un certain David Ayer, qui n’est autre que le scénariste du long-métrage qui a valu un Oscar à Denzel Washington. Ce n’est pas non plus la première collaboration de l’acteur américain avec Antoine Fuqua : en 2015, Jake Gyllenhaal incarnait un boxeur au fond du trou dans le drame LA RAGE AU VENTRE.

Avec THE GUILTY, Fuqua s’essaye cette fois à l’exercice très périlleux du thriller à huis clos, qui a néanmoins donné quelques films mémorables. On pense notamment au PHONE GAME sorti par Joel Schumacher en 2002 et dans lequel Colin Farrell était coincé dans une cabine téléphonique new yorkaise par un sniper qui a son viseur pointé sur lui. Dans la même catégorie, THE GUILTY évoque aussi le très angoissant BURIED (Rodrigo Cortés, 2010) où Ryan Reynolds est enterré vivant dans un cercueil avec un téléphone portable, ou encore LOCKE (Steven Knight, 2013), autre seul en scène avec cette fois Tom Hardy en bon père de famille dont la vie est chamboulée par un coup de téléphone sur l’autoroute. Autre point commun à tous ces films : on connait pas mal de personnes qui ne seraient pas contre avoir le 06 de Colin Farrell, Ryan Reynolds, Tom Hardy ou Jake Gyllenhaal.

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