Top 10 des films de Quentin Dupieux à (re)découvrir avant L’Accident de Piano
Un homme parle à son blouson, une mouche géante devient un animal de compagnie, un flic interroge un suspect pendant que le temps se replie sur lui-même : bienvenue dans l’univers déjanté de Quentin Dupieux. Avant d’aller voir L’Accident de Piano, on vous propose un top 10 bien perché, garanti 100 % absurde (et 0 % normal).
10 - WRONG COPS – Des keufs, de la techno et du n’importe quoi
Imaginez une brigade de policiers véreux et névrosés lâchés dans un Los Angeles détraqué, mixée avec une playlist électro douteuse : bienvenue dans Wrong Cops. Porté par des flics corrompus aux comportements aussi illogiques que dangereux, ce film déroutant évoque un univers où la loi est dictée par les plus absurdes. Duke, dealer mélomane, rêve d’amitié avec un fan de techno, pendant que ses collègues rivalisent de comportements grotesques. La narration éclatée et la galerie de freaks donnent l’impression d’un épisode de série policière détourné par un dadaïste halluciné. Une œuvre provocatrice, drôle, et aussi dérangeante que singulière. Dupieux pousse ici à l’extrême sa fascination pour le grotesque. On ne comprend pas tout, mais on rit souvent. Et c’est déjà beaucoup.
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9 - MANDIBULES – Le grand délire entomologique
Deux amis un peu benêts, une mouche géante, du pâté pour chat. Voilà Mandibules, ou comment transformer une idée saugrenue en fable loufoque. Jean-Gab et Manu, bras cassés solaires, découvrent un insecte surdimensionné et décident de l’apprivoiser pour en faire une star. Le film se déroule comme une rêverie surréaliste sous acide douce, quelque part entre le conte de fées et la comédie potache. Dupieux y célèbre l’idiotie assumée et la tendresse déglinguée. Certains y verront une belle parabole sur l’amitié et la marginalité ; d’autres n’y verront qu’un délire gratuit. Mais difficile de résister à la sincérité touchante de ces deux imbéciles heureux. Un feel-good movie absurde et attachant.
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8 - LE DEUXIÈME ACTE – Quand le film tourne à la mise en abyme
Avec Le Deuxième Acte, Dupieux prend un malin plaisir à dynamiter les codes du cinéma… en plein tournage. Ce qui commence comme une banale rencontre entre une fille amoureuse, un garçon fuyant et un père bougon vire très vite à la farce méta. Les comédiens ne savent plus s’ils jouent ou s’ils existent, et le film se déconstruit sous nos yeux. Satire du métier d’acteur, comédie de mœurs et réflexion sur l’égo, cette œuvre brille par sa lucidité mordante. Servi par un casting de haut vol, le film allie finesse d’écriture et virtuosité de mise en scène. Une critique tendre mais implacable de l’industrie du spectacle.
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7 - AU POSTE ! – Interrogatoire en folie douce
Dans ce huis clos policier revisité à la sauce absurde, Au Poste ! propose une nuit entière d’interrogatoire entre un flic peu orthodoxe (Poelvoorde, impérial) et un suspect au regard perplexe. Ce qui pourrait être une banale garde à vue devient un ballet surréaliste, où le temps se plie, les objets parlent, et la logique flanche. Dupieux flirte ici avec les fantômes de Buñuel et de Blier, livrant une comédie minimaliste qui frappe par sa précision et son sens du non-sens. L’humour noir y est ciselé, les dialogues délicieux, et le rythme irrésistible. Une perle rare, aussi concise qu’hilarante.
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6 - YANNICK – Le spectateur prend le pouvoir
Avec Yannick, Dupieux renverse les rôles et offre à un spectateur frustré l’opportunité de prendre le contrôle d’un spectacle qu’il juge indigent. Raphaël Quenard incarne avec brio ce personnage improbable, mi-censeur mi-preneur d’otage, qui transforme un mauvais boulevard en théâtre de l’absurde. Le film, faussement modeste, frappe par sa puissance satirique. Il interroge notre rapport à la culture, à l'autorité, au divertissement. Le tout avec une tension constante, des dialogues finement ciselés, et une capacité à faire rire tout en mettant mal à l’aise. Court, nerveux, brillant.
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5 - INCROYABLE MAIS VRAI – Une trappe vers le néant
Un couple emménage dans un pavillon banal. Mais dans la cave, une trappe va changer leur vie… Incroyable mais vrai commence comme un conte moderne avant de basculer dans la satire surréaliste. Dupieux y explore les obsessions contemporaines (jeunesse, image, compétitivité) avec une finesse inhabituelle. L’absurde y est plus doux, teinté de mélancolie et d’une sagesse nouvelle. Une petite perle étrange, portée par un duo d’acteurs impeccable, où le fantastique devient un miroir déformant de nos obsessions. Une surprise philosophique sous forme de comédie burlesque.
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4 - RÉALITÉ – Le gémissement parfait n’existe pas
Dans Réalité, un caméraman rêve de faire un film d’horreur, mais son producteur mégalo n’acceptera de financer le projet qu’à une condition : trouver le gémissement parfait. À partir de ce pitch improbable, Dupieux tisse une toile narrative vertigineuse où se mêlent réalité, rêve, cauchemar et fiction. Le film s’enroule sur lui-même comme un ruban de Möbius, et chaque scène devient une énigme burlesque. Avec ses jeux de boucles, ses personnages lunaires, et sa structure gigogne, Réalité est peut-être l’un des films les plus ambitieux (et fous) de son auteur. Un labyrinthe cérébral à savourer comme un trip.
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3 - STEAK – Futur vintage et bande absurde
Premier long-métrage signé Quentin Dupieux (en solo), Steak est déjà un manifeste d'étrangeté. Éric et Ramzy y évoluent dans une France futuriste aux codes rétro, où la chirurgie esthétique est une norme sociale et les bandes de jeunes s’affrontent à coups de poses et de vestes rouges. Entre satire de la mode, critique de la virilité toxique et délire pop, le film joue la carte de l’absurde jusqu’au bout. Inégal mais visionnaire, Steak est une œuvre fondatrice pour comprendre l’univers de Dupieux, entre esthétique cheap revendiquée et commentaire social camouflé sous une bonne couche de non-sens.
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2 - DAAAAAALÍ ! – Le moustachu en éclats
Judith veut interviewer Salvador Dalí. Problème : le peintre génial et fantasque est interprété par six acteurs différents, et la réalité se dilue à mesure que le film avance. Avec Daaaaaalí !, Dupieux s’amuse des mythes, du temps, et de la narration même. C’est un rêve dans un rêve dans un film dans un rêve, où la quête documentaire se mue en réflexion sur la création. Véritable ovni cinématographique, cette comédie est à la fois ludique, déstabilisante, et d’une grande beauté formelle. Une expérience sensorielle.
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1 - LE DAIM – Le blouson qui murmurait à l’oreille des tueurs
Obsession vestimentaire, solitude pathologique et pulsion meurtrière : Le Daim est l’un des films les plus emblématiques de Dupieux. Jean Dujardin y incarne un homme en crise qui développe une passion inquiétante pour son blouson en daim. Minimaliste, glaçant, et hilarant, ce film-pivot condense tout ce qui fait la force du cinéma dupiesque : l’absurde poussé jusqu’à l’épure, la narration en roue libre, et une fascination pour les personnages détraqués. En creux, le film dit beaucoup sur la virilité, le besoin de reconnaissance, et le vide existentiel. Une comédie de l’absurde avec des allures de thriller existentiel.
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